Etats-Unis. L'auteur de la fusillade, un ancien soldat lié à des groupes racistes

La police patrouille devant le temple Sikh d\'Oak Creek (Wisconsin), lundi 6 août 2012. Le lieu de culte a été la veille le théâtre d\'une fusillade qui a fait sept morts, dont le tireur.
La police patrouille devant le temple Sikh d'Oak Creek (Wisconsin), lundi 6 août 2012. Le lieu de culte a été la veille le théâtre d'une fusillade qui a fait sept morts, dont le tireur. (JOHN GRESS / REUTERS)

Le Pentagone a reconnu que l'auteur de la fusillade dans le temple sikh avait servi dans l'armée en tant que spécialiste dans les opérations de guerre psychologique.

ETATS-UNIS - On en sait un peu plus sur l'auteur de la fusillade du temple sikh d'Oak Creek (Wisconsin), qui a tué six personnes dimanche avant d'être abattu par la police. Le Pentagone a annoncé, lundi 6 août, qu'il s'agissait d'un ancien militaire spécialisé dans les opérations de guerre psychologique. Wade Michael Page avait servi de 1992 à 1998 comme soldat de première classe et reçu plusieurs décorations pour bonne conduite. Il fait aujourd'hui l'objet d'une enquête pour des faits de "terrorisme intérieur".

Entré dans l'armée à 20 ans, il l'avait quittée six ans plus tard. Il a notamment été basé à Fort Bliss, au Texas, et à Fort Bragg, en Caroline du Nord. Son travail consistait à recueillir des renseignements auprès de la population et à mener des opérations destinées à les influencer dans un sens favorable aux intérêts américains.

Un groupe suprémaciste

Plusieurs organes de presse américains, dont CNN (article en anglais), ont affirmé que Wade Michael Page était un adepte du suprémacisme blanc. Une enquêtrice du FBI a confirmé que les membres de la police fédérale pensaient que l'homme avait des liens avec les groupuscules racistes et extrémistes blancs.

L'homme, qui portait en outre un tatouage faisant référence au 11-Septembre sur le bras selon des témoignages rapportés par CNN, était un "néonazi exaspéré", selon le Southern Poverty Law Center (SPLC, lien en anglais). Cet institut de lutte contre le racisme réputé affirme que le tueur avait fondé en 2005 le groupe de rock End Apathy ("En finir avec l'apathie"), qui se produisait dans des festivals et faisait partie de la scène musicale exaltant la suprématie blanche depuis 2000.

Drapeau nazi

Le groupe avait également une page MySpace. On y trouve des photos montrant ses trois membres répétant devant ce qui semble être un drapeau nazi. L'homme présenté comme étant Wade Michael Page arbore sur l'épaule une croix celtique et le chiffre 14. Il s'agit d'une référence aux "Quatorze mots" du suprémaciste David Lane : "Nous devons assurer l'existence de notre peuple et un avenir pour les enfants blancs".

Le SPLC retranscrit encore une interview donnée par le tireur présumé en 2010 à un magazine musical, dans laquelle il explique le nom de son groupe par l'envie de "trouver comment en finir avec l'apathie des gens". La page a depuis disparu, mais le SLPC en a fait une copie (PDF). Page, qui s'exprime surtout sur ses influences musicales et un peu sur sa vie (il est originaire du Colorado et a parcouru le pays en moto de festival en festival), évoque une "société malade" et "la vie humaine dégradée par la soumission à la tyrannie et l'hypocrisie".

Obama estime nécessaire "un examen de conscience"

Après cette tuerie, survenue deux semaines après celle d'Aurora (Colorado) dans un cinéma, le président américain a dit avoir "le cœur brisé""Ces événements terribles et tragiques arrivent trop fréquemment" pour ne pas entreprendre un "examen de conscience" qui permettrait de trouver "d'autres moyens pour réduire la violence", a indiqué le président à des journalistes dans le bureau Ovale. Les Américains devraient prendre "du recul" s'il s'avérait que le tueur du Wisconsin était motivé par la haine, a-t-il ajouté.

Plus tôt, la Maison Blanche avait qualifié "d'horrible" la fusillade meurtrière dans le Wisconsin mais estimé que ce massacre n'allait pas pousser l'administration américaine à prendre de nouvelles mesures pour le contrôle des armes. En la matière, la position du président est de s'assurer que ceux qui ne sont pas autorisés à porter des armes ne puissent pas s'en procurer, tout en garantissant aux autres Américains le droit inscrit dans le deuxième amendement de la Constitution à en posséder.