Affaire Trayvon Martin : l'acquittement de son meurtrier présumé secoue l’Amérique

Manifestation après l\'acquittement de George Zimmerman, à Times Square (New-York,Etats-Unis), le 14 juillet 2013.
Manifestation après l'acquittement de George Zimmerman, à Times Square (New-York,Etats-Unis), le 14 juillet 2013. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

George Zimmerman était accusé d'avoir tué l'adolescent noir en 2012 à cause de préjugés racistes. Le verdict a provoqué une vague de manifestations.

L'acquittement de George Zimmerman, le garde bénévole qui a tué en février 2012 Trayvon Martin, a provoqué une vague de protestations dimanche 14 juillet, aux Etats-Unis. Les manifestants contestaient la décision du tribunal de Floride, qui a estimé la veille que George Zimmerman avait agi en état de légitime défense face à l'adolescent noir.

Une affaire qui divise l'Amérique 

Le meurtre de Trayvon Martin, 17 ans, a suscité la polémique aux Etats-Unis. D'un côté, les associations de défense des droits civiques qui estiment que l'adolescent a été victime d'un délit de faciès ; et de l'autre, ceux qui sont convaincus que George Zimmerman, 29 ans, a agi en réaction au comportement hostile de l'adolescent.

Les témoignages ont permis d'établir qu'une altercation a bien eu lieu entre les deux protagonistes, mais sans pouvoir déterminer avec certitude qui en fut à l'origine. Les arguments de la défense ont finalement convaincu les jurés, après des délibérations de plus de seize heures.

Des milliers de manifestants à New York

Dimanche 14 juillet à New-York (Etats-Unis), un manifestant tient une pancarte avec la photo de Trayvon Martin : \"Lors du procès de mon meurtre, j\'ai été déclaré coupable d\'être noir\"
Dimanche 14 juillet à New-York (Etats-Unis), un manifestant tient une pancarte avec la photo de Trayvon Martin : "Lors du procès de mon meurtre, j'ai été déclaré coupable d'être noir" (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Révoltés par la décision de justice, des milliers de personnes ont manifesté dimanche soir à Times Square (New York) pour exprimer leur colère, mais aussi leur inquiétude. "J'ai peur d'avoir un fils qui me ressemble", a confié une manifestante noire à l'AFP. "Le gamin n'était pas armé, et l'homme avec l'arme à feu s'en sort. Si nous disons que ce n'était pas une question raciale, nous nous mentons à nous-mêmes. C'est une affaire dont nous nous souviendrons dans cinquante ans", s'est indignée une autre manifestante.

Francetv info

Des marches spontanées plus au moins importantes se sont aussi déroulées dans tout le pays, comme à San Francisco, Chicago, Washington, Atlanta et Philadelphie. 

Barack Obama appelle au calme

En mars 2012, un mois après le meurtre de Trayvon Martin, Barack Obama était sorti de sa réserve en déclarant : "Si j'avais un fils, il ressemblerait à Trayvon."

Désormais, le président des Etats-Unis appelle au calme et demande à ses concitoyens de respecter la décision de justice. "Je sais que cette affaire a suscité des passions intenses. Au lendemain du verdict, je sais que ces passions pourraient s'intensifier. Mais nous sommes un Etat de droit, et un jury a parlé", a-t-il réagi dimanche, dans un communiqué. "Je demande maintenant à tous les Américains de respecter les appels à la réflexion dans le calme lancés par deux parents qui ont perdu leur jeune fils." 

Le débat sur les armes relancé

Un manifestant à New-York (Etats-Unis) porte une pancarte : \"Justice pour Trayvon ! Stop à la brutalité policière !\", dimanche 14 juillet.
Un manifestant à New-York (Etats-Unis) porte une pancarte : "Justice pour Trayvon ! Stop à la brutalité policière !", dimanche 14 juillet. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

"Nous avons un gros problème racial, et nous avons un autre problème avec les armes à feu, résumait un manifestant à New York. Si Zimmerman n'avait pas eu d'arme, il n'aurait pas pu tuer Trayvon Martin." En Floride, une loi permet à quiconque de se défendre en cas de menace, y compris avec une arme. Ce type de loi "encourage les affrontements meurtriers en permettant aux gens de tirer d'abord et de dire 'homicide excusable' ensuite", a déploré dans un communiqué le maire de New York, Michael Bloomberg, partisan notoire d'un renforcement des lois contre les armes à feu.

Barack Obama, qui a soutenu en vain des projets de loi pour restreindre l'utilisation des armes, a estimé dimanche que les Américains devraient se "demander, en tant qu'individus et en tant que société, comment empêcher de futures tragédies similaires" à celle de Floride.

Zimmerman reste visé par une enquête fédérale 

Le département de la Justice a rappelé dimanche qu'une autre enquête, fédérale cette fois, était ouverte depuis l'an dernier sur la même affaire. "Des procureurs fédéraux expérimentés détermineront si les preuves révèlent une violation des lois fédérales pénales sur les droits civiques, passible de poursuites", indique un communiqué.

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