Etats-Unis : l'exécution d'un attardé mental reportée, une autre maintenue

Warren Hill, condamné à la peine capitale, doit être exécuté lundi 23 juillet dans l\'Etat de Géorgie.
Warren Hill, condamné à la peine capitale, doit être exécuté lundi 23 juillet dans l'Etat de Géorgie. (GEORGIA DEPARTMENT OF CORRECTIONS / MAXPPP)

La mise à mort de Warren Hill est reportée à lundi, celle de Yokamon Hearn est maintenue, mercredi. Tous deux ont un QI inférieur à la moyenne.

Un sursis de quelques jours. L'exécution en Géorgie (Etats-Unis) d'un condamné attardé mental, prévue mercredi 18 juillet, a été reportée en raison d'un changement dans la procédure d'injection létale, ont annoncé les autorités pénitentiaires de l'Etat. La mise à mort de Warren Hill, un Noir américain condamné à la peine capitale pour le meurtre d'un co-détenu, a été reportée à lundi. Celle d'un détenu souffrant du même handicap reste en revanche programmée au Texas.

Warren Hill, 52 ans, dont vingt-et-un dans le couloir de la mort, doit être le premier exécuté en Géorgie par l'injection létale d'un seul produit, le pentobarbital, contre trois auparavant. "S'appuyant sur l'expérience d'autres Etats et le témoignage d'experts médicaux, le produit s'est montré efficace", a déclaré le directeur de la prison, Brian Owens. "Les services pénitentiaires s'engagent à appliquer la décision du tribunal de la manière la plus responsable et professionnelle qui soit".

Syndrome de l'alcoolisme fœtal

Doté d'un QI inférieur à la normale, Warren Hill a été diagnostiqué avec un retard mental par plusieurs experts de l'Etat et les tribunaux. Il s'est vu cependant refuser la clémence, lundi 16 juillet, par le Comité des grâces de Géorgie. Son avocat a aussitôt introduit un recours devant la Cour suprême des Etats-Unis.

Dans l'Etat du Texas, l'exécution de Yokamon Hearn, 34 ans, reste programmée pour mercredi en dépit de preuves d'un désordre mental depuis son enfance, selon le Centre d'information sur la peine capitale. Ce Noir américain, dans le couloir de la mort depuis 1998 pour meurtre, a été diagnostiqué avec un handicap dénommé syndrome de l'alcoolisme fœtal : sa mère buvait tellement qu'elle en est morte pendant sa grossesse, selon ce centre d'experts opposés à la peine de mort.

Chaque Etat fixe ses règles

En 2002, la Cour suprême des Etats-Unis a interdit l'exécution de condamnés attardés mentaux car leur handicap "ferait courir le risque d'une exécution arbitraire". Mais elle a laissé chaque Etat fixer les conditions requises pour déterminer ce type de handicap. La Géorgie, en l'occurrence, exige que le retard mental soit prouvé au-delà d'un doute raisonnable.

Plusieurs organisations et personnalités, dont l'ancien président américain Jimmy Carter, ont appelé le Comité des grâces de Géorgie à commuer la condamnation à mort en réclusion criminelle à perpétuité.

A Genève (Suisse), un expert de l'ONU a exhorté les deux Etats à suspendre les exécutions des deux hommes."C'est une violation des protections constitutionnelles sur la peine de mort que d'imposer la punition suprême à des individus souffrant de handicaps psycho-sociaux", a dit Christof Heyns, le rapporteur spécial de l'Office du haut-commissaire aux droits de l'homme.