Des avions militaires russes interceptés près de l'Alaska et au Canada

Des avions de chasse Mig-35 et Su-35, le 17 août 2011 à Moscou (Russie).
Des avions de chasse Mig-35 et Su-35, le 17 août 2011 à Moscou (Russie). (DMITRY KOSTYUKOV / AFP)

Ces derniers jours, plusieurs incidents ont impliqué des avions russes à proximité de l'Alaska et du Canada.

C'est "la première fois depuis longtemps", selon les mots d'un responsable américain. Plusieurs avions militaires russes ont été interceptés cette semaine dans des zones de restriction près de l'Alaska et au Canada par des avions américains et canadiens. L'information a été révélée vendredi 19 septembre par des responsables américains de la Défense.

Aucun des appareils russes n'a cependant pénétré dans les espaces aériens de ces deux pays. Deux avions de chasse russes MIG 35, accompagnés par deux avions ravitailleurs et deux bombardiers de longue portée ont été interceptés mercredi par des avions de chasse américains F-22 près de l'Alaska. Les appareils russes ont quitté ensuite la zone sans incident.

Des zones non régulées par le droit international

Cette incursion mercredi a été suivie d'un deuxième incident jeudi impliquant deux bombardiers russes à longue portée, qui ont pénétré une zone de restriction canadienne. Deux avions de chasse canadiens F-18 ont intercepté les bombardiers, qui ont quitté la zone sans incident.

Les zones de restrictions (air defense identification zone, ADIZ) sont situées aux confins de l'espace aérien d'un pays et servent de zones tampons, afin de laisser aux gouvernements le temps d'intervenir auprès d'avions potentiellement hostiles. Mais ces zones ne sont pas liées à des traités internationaux ni régulées par des lois internationales.

Des manœuvres qui coïncident avec la visite du président ukrainien aux Etats-Unis

Ces incidents aériens ont coïncidé avec la visite aux Etats-Unis du président ukrainien Pedro Porochenko, dont le pays est en conflit avec des séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. Le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, a estimé qu'il n'y avait pas de lien entre cette visite et les incidents aériens.

"Nous avons déjà été confrontés à ce genre d'incident. Nous les prenons très au sérieux. Et nous procédons à des interceptions régulièrement", a expliqué M. Kirby sur CNN. "Comme d'habitude, nous allons informer la Russie de nos intentions et nous évoquerons sûrement nos inquiétudes avec elle le moment venu", a-t-il ajouté.