Débat agressif pour départager les républicains en Caroline du Sud

Mitt Romney (au c.), favori dans la course à l\'investiture républicaine, entouré de ses deux principaux adversaires, Newt Gingrich (à dr.) et Rick Santorum (à g.), lors d\'un débat télévisé à Charleston, Caroline du Sud (Etats-Unis)) le 19 janvier 2012.
Mitt Romney (au c.), favori dans la course à l'investiture républicaine, entouré de ses deux principaux adversaires, Newt Gingrich (à dr.) et Rick Santorum (à g.), lors d'un débat télévisé à Charleston, Caroline du Sud (Etats-Unis)) le 19 janvier 2012. (PAUL J. RICHARDS / AFP)

Les militants voteront samedi dans cet Etat où l'écart entre Mitt Romney et Newt Gingrich se rétrécit, grâce notamment au ralliement de Rick Perry à Gingrich.

Les candidats à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle américaine ont joué leur va-tout jeudi 19 janvier lors d'un débat télévisé organisé à deux jours de la primaire en Caroline du Sud, Etat conservateur où les deux principaux candidats Mitt Romney et Newt Gingrich se sont une nouvelle fois affrontés. Deux rebondissements majeurs ont eu lieu un peu plus tôt dans la journée : le ralliement du candidat Rick Perry à Newt Gingrich et la victoire du caucus de l'Iowa finalement attribuée à Rick Santorum, aux dépens de Mitt Romney.

Lors de ce débat, Newt Gingrich, qui espère un ralliement de l'électorat évangélique conservateur, a été dès le début attaqué sur sa vie privée. Il a dû démentir avoir demandé à son ex-femme de former "un couple libre". La deuxième des trois épouses de Newt Gingrich, prénommée Marianne, assure en effet que son ex-mari lui a demandé à la fin des années 1990 de tolérer une aventure qu'il avait avec son assistante parlementaire Callista Bisek, devenue depuis sa troisième femme.

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Feuille d'impôts

"Je suis écœuré de vous voir ouvrir un débat présidentiel avec un tel sujet", a lancé Gingrich à John King, le modérateur du débat organisé à Charleston (Caroline du Sud) et diffusé sur CNN. "Je suis fatigué de ces médias élitistes qui protègent Barack Obama", a-t-il poursuivi, déplorant la couverture médiatique qui a accompagné le témoignage de son ex-femme, diffusé sur la chaîne ABC. Aucun des adversaires de Newt Gingrich ne s'est cependant aventuré à tenter de profiter explicitement des affirmations de son ex-femme.

Tentant de prendre en défaut Mitt Romney, qui ne dévoilera pas la totalité de sa feuille d'imposition avant avril, Newt Gingrich a publié ses déclarations de revenus sur son site internet. Lui et sa femme ont payé 995 000 dollars (770 000 euros) d'impôts sur 3,1 millions de dollars de revenus déclarés pour l'année 2010 (2,5 millions d'euros). L'occasion d'interpeller son adversaire : "S'il y a quelque chose qui peut nous faire perdre l'élection, nous devons le savoir avant la nomination. S'il n'y a rien à cacher, pourquoi ne pas le publier ?"

Un Etat stratégique

Réponse de Mitt Romney, applaudie par une partie du public : "Je ne vais pas m'excuser d'avoir réussi (...). Je sais bien que le président Obama va nous attaquer durement sur ces thèmes-là." Ancien patron d'un fonds d'investissement, Romney a haussé le ton : "Nous allons lui faire rentrer dans le crâne que ce sont le capitalisme et la liberté qui rendent l'Amérique forte."

Le chrétien ultraconservateur Rick Santorum a de son côté également multiplié les piques en direction de ses deux principaux adversaires. "Je ne veux pas que nous désignions un candidat dont je vais me demander tous les matins en ouvrant le journal ce qu'il a encore dit", a-t-il lancé en direction de Newt Gingrich.

Après sa victoire la semaine dernière dans le New Hampshire, Mitt Romney serait pratiquement assuré de décrocher l'investiture de son parti s'il l'emportait en Caroline du Sud. Depuis 1980, cet Etat a toujours voté majoritairement lors des primaires républicaines pour le candidat finalement investi par le parti.

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