Chili : plus d'un mois après le début de la contestation, l'activité économique s'effondre

Un manifestant déguisé en \"Joker\" lors d\'une manifestation contre le gouvernement à Santiago (Chili), le 1er novembre 2019.
Un manifestant déguisé en "Joker" lors d'une manifestation contre le gouvernement à Santiago (Chili), le 1er novembre 2019. (JEREMIAS GONZALEZ / NURPHOTO)

Depuis le 18 octobre, début de la plus importante crise sociale de ces trois décennies au Chili, le peso chilien a perdu environ 15% de sa valeur face au dollar américain.

L'activité économique chilienne s'est effondrée de 3,4% en octobre par rapport au même mois de l'année dernière, sa pire performance de ces dix dernières années, a annoncé lundi 2 décembre la Banque centrale. Ce repli de l'Indice d'activité économique (Imacec) de la Banque centrale est largement supérieur aux attentes du marché, qui anticipait une baisse autour de 1%.

La quasi-paralysie des commerces et des services depuis le début de la crise, le 18 octobre, est une des principales causes de cet effondrement, selon l'institut. Il s'agit de la plus forte baisse depuis celle enregistrée en 2009 (-3,5%), au plus fort de la crise financière internationale.

Plus de 2 000 blessés

Le mouvement de contestation sociale au Chili a fait 23 morts, dont cinq après l'intervention des forces de l'ordre, et plus de 2 000 blessés. Après une mobilisation historique le 25 novembre, qui avait réuni 1,2 million de personnes, des manifestations plus ou moins suivies se poursuivent pour réclamer plus de justice sociale.

"La crise a provoqué une décélération très brusque de la croissance et le quatrième trimestre devrait être dans le rouge. Le taux de chômage devrait repartir à la hausse et les banques ont commencé à limiter les crédits", a déclaré l'économiste Francisco Castañeda.

Jeudi, la Banque centrale du Chili a annoncé l'injection de 20 milliards de dollars dans l'économie, avec notamment un programme de vente de devises jusqu'à fin mai 2020, pour freiner la dégringolade du peso qui a connu la semaine dernière un nouveau record à la baisse. Avant l'éclatement de la crise sociale, les autorités espéraient terminer l'année avec une croissance de 2,5% du PIB. Les prévisions tournent désormais autour de 2%.

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