Chili : "Le couvre-feu rappelle à beaucoup des mauvais souvenirs de la dictature", témoigne une Française expatriée

Des soldats postés à Santiago, au Chili, le 21 octobre 2019.
Des soldats postés à Santiago, au Chili, le 21 octobre 2019. (PEDRO UGARTE / AFP)

Mariée à un Chilien, Bérangère qui vit dans le pays depuis plusieurs années, déplore que l'état d'urgence ait été décrété si rapidement.

"Le couvre-feu rappelle à beaucoup des mauvais souvenirs de la dictature" [de Pinochet qui a sévi dans le pays entre 1973 et 1990]", a expliqué lundi 21 octobre sur franceinfo, Bérangère, une Française vivant à Viña del Mar, au nord de Santiago. Mariée à un Chilien, elle vit dans le pays depuis plusieurs années.

Onze personnes ont été tuées dans les émeutes qui secouent le Chili, a annoncé la gouverneure de Santiago, Karla Rubilar, révisant à la hausse un précédent bilan de sept morts. De violents affrontements entre les forces de l'ordre et manifestants ont eu lieu ce week-end à Santiago, la capitale du pays. Ces manifestants protestaient contre l'augmentation des prix des tickets de métro.

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Pour Bérangère, l'instauration de l'état d'urgence et du couvre-feu ne va pas dans le sens de l'apaisement : "Parce que le dernier couvre-feu c'était en 1987, encore sous Pinochet. Donc, oui, je pense qu'une grande partie de la population n'a pas vraiment apprécié. Les écoles ont été fermées là aujourd'hui. Mon mari est professeur, il ne travaille pas", a-t-elle expliqué.

"Le soir, il y a des problèmes, des affrontements avec la police et les militaires. Depuis que Sébastien Piñera, le président, a décrété l'état d'urgence, c'est un peu plus compliqué, surtout la nuit. L'état d'urgence a été décrété tout de suite", a-t-elle regretté.

"Les Chiliens n'ont plus peur des militaires"

Pour autant, elle ne semble percevoir d'inquiétudes particulières au sein de la population dans la région où elle vit, "ce sont des inquiétudes ponctuelles, de savoir quel supermarché est ouvert. Quelle pharmacie est ouverte, ce genre de choses. Il y a des queues pas possibles dans les supermarchés qui sont encore ouverts".

Les manifestations sont pacifistes dans la journée, il y a beaucoup de familles ici qui descendent dans la rue, avec des casseroles et des cuillères et qui tapent dessus. Ce n'est pas très dangereux.Bérangère, une Française qui vit au Chlià franceinfo

"Plus que de l'inquiétude, je vois des gens qui vont aux manifestations avec les enfants, avec la famille. Je pense que les Chiliens n'ont plus peur des militaires. C'est fini. Pour l'instant, non. Il n'y a pas de panique. En tout cas, pas du tout".

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