Brésil. Le chantier du barrage géant de Belo Monte stoppé

Des opposants à la construction du barrage de Belo Monte (Brésil) forment le 15 juin 2012, le slogan \"Pare Belo Monte\" (\"Stop à Belo Monte\"), à l\'endroit où il doit être construit.
Des opposants à la construction du barrage de Belo Monte (Brésil) forment le 15 juin 2012, le slogan "Pare Belo Monte" ("Stop à Belo Monte"), à l'endroit où il doit être construit. (ATOSSA SOLTANI / AMAZON WATCH / AFP)

Un tribunal a ordonné mardi l'arrêt des travaux de cet ouvrage, le troisième plus grand de ce type en construction dans le monde.

AMERIQUES - C'est le troisième plus grand ouvrage de ce type en construction dans le monde. Un tribunal brésilien a ordonné, mardi 14 août, l'arrêt des travaux du barrage de Belo Monte, au cœur de l'Amazonie brésilienne. Motif invoqué : les indiens de la région n'ont pas été préalablement consultés.

C'est une victoire pour les habitants, qui devront être auditionnés par les parlementaires avant que les travaux ne puissent reprendre. "C'est une décision historique pour le pays et pour les peuples du fleuve Xingu. C'est une grande victoire qui montre que Belo Monte n'est pas un fait acquis. Nous sommes très heureux et satisfaits", a réagi Antonia Melo, coordinatrice du Mouvement Xingu Vivo. Quelque 150 indiens ont récemment occupé, pendant trois semaines, l'un des quatre chantiers du barrage, afin d'exiger que le consortium tienne ses engagements envers leurs communautés.

Le chef indien brésilien Raoni, 82 ans, connu dans le monde entier pour son combat en faveur de l'Amazonie et des peuples autochtones, avait demandé l'arrêt de la construction du barrage lors de la conférence sur le développement durable de l'ONU Rio+20, en juin à Rio de Janeiro (Brésil). Belo Monte a gagné une notoriété mondiale avec la campagne menée contre le barrage par des célébrités comme le chanteur Sting et le réalisateur de Titanic et d'Avatar, James Cameron. 

Une décision susceptible d'appel

Toutefois, la décision du tribunal est susceptible d'appel par le consortium public Norte Energia, en charge des travaux. Celui-ci, interrogé par l'Agence France-Presse, a indiqué qu'il attendait la notification officielle du jugement pour y répondre sur le plan juridique. Le tribunal a fixé une amende journalière de 250 000 dollars en cas de non respect de sa décision par le consortium.

En construction sur le fleuve Xingu, le barrage, d'un coût de près de 13 milliards de dollars, fournira 11 233 MW, soit 11% de la capacité de production électrique installée du Brésil. Son édification entraînera l'inondation de 502 km2 de forêt. Et même si les terres des populations indiennes locales ne seront pas inondées, leur mode de vie risque d'être affecté car elles tirent leur subsistance de la pêche. Le gouvernement a tout de même prévu des investissements de 1,2 milliard de dollars d'ici à la fin des travaux pour réduire les impacts négatifs de la construction.