Bolivie : appel à la grève générale, face à la victoire probable d'Evo Morales à l'élection présidentielle

Une professionnelle de santé manifeste devant le tribunal électoral de La Paz, en Bolivie, mardi 22 octobre 2019. 
Une professionnelle de santé manifeste devant le tribunal électoral de La Paz, en Bolivie, mardi 22 octobre 2019.  (JORGE BERNAL / AFP)

Des organisations citoyennes proches de l'opposition ont appelé mardi à la grève générale en Bolivie pour protester contre les résultats électoraux qui semblent en passe, après un revirement inexpliqué, de donner la victoire au président socialiste sortant Evo Morales.https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/violences-en-bolivie-ou-une-victoire-surprise-de-morales-des-le-premier-tour-se-profile_3670135.html

"Nous appelons à la grève jusqu'à nouvel ordre." Un appel à la grève générale a été lancé, mardi 22 octobre, en Bolivie, devant l'imminence de l'annonce officielle d'une victoire du chef de l'Etat sortant, Evo Morales, au premier tour de la présidentielle. 

Ce mouvement, a l'initiative de l'influent Comité Pro-Santa Cruz, une organisation de la société civile établie dans la capitale économique du pays et bastion de l'opposition, doit commencer mercredi à minuit, heure locale (6 heures, heures française), a-t-il précisé son président, Luis Fernando Camacho, après une réunion avec des organisations d'autres régions.

Dès lundi soir, de longues files s'étaient formées aux stations-service, en prévision d'un long conflit social tandis que de violents incidents éclataient. A Sucre (sud-est), la capitale constitutionnelle, et à Potosi (sud-ouest) la foule a ainsi mis le feu au tribunal électoral départemental. Dans le même temps, des affrontements avec la police se sont produits à La Paz (ouest) et le local de campagne du parti au pouvoir a été saccagé à Oruro (ouest). 

Un revirement inexpliqué  

Ces manifestations sont survenues après que les autorités électorales, sans aucune explication, eurent repris lundi soir le comptage des bulletins interrompu la veille. Dimanche soir, la présidente du Tribunal suprême électoral (TSE), Maria Eugenia Choque, avait annoncé que le chef de l'Etat socialiste, âgé de 59 ans, était en tête du premier tour de la présidentielle, avec 45,28% des voix, suivi par le centriste Carlos Mesa, 66 ans, avec 38,16% des votes, sur la base de près de 84% des bulletins dépouillés. Ces résultats semblaient ouvrir la voie à un second tour inédit.

Mais à la reprise du comptage lundi, l'écart s'est creusé. Mardi à 11 heures, la page web du TSE donnait 46,4% des voix à Evo Morales, contre 37,07% à Carlos Mesa, après dépouillement de 95,63% des bulletins. Soit une avance de 9,33 points de pourcentage pour le président sortant, au pouvoir depuis 2006 et toujours élu au premier tour.

Une situation dénoncée dès lundi par les observateurs de l'Organisation des Etats américains (OEA) qui ont fait part de leur "profonde inquiétude et surprise face au changement radical et difficile à justifier concernant la tendance des résultats préliminaires".

Vous êtes à nouveau en ligne