Au Mexique, 99% des délits ne sont pas punis

Des policiers mexicains encadrent une manifestation devant le congrès mexicain le 1er septembre 2012, à Mexico (Mexique).
Des policiers mexicains encadrent une manifestation devant le congrès mexicain le 1er septembre 2012, à Mexico (Mexique). (YURI CORTEZ / AFP)

Une commission indépendante mexicaine dénonce le peu d'efficacité des forces de police, face à la délinquance organisée qui meurtrit le Mexique.

AMERIQUES - Si vous portez plainte au Mexique, il n'y a qu'une chance sur cent que votre action conduise à une condamnation. Seuls 8% des délits commis dans le pays font l'objet d'une plainte et 99% d'entre eux restent impunis, a affirmé mercredi 21 novembre la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), un organisme autonome de l'Etat latino-américain.

Selon un rapport (PDF en espagnol) publié sur son site, le président de la CNDH a dénoncé le peu d'efficacité des forces de police face à la délinquance organisée qui meurtrit le Mexique. "Seuls huit délits sur cent commis font l'objet d'une plainte et seulement 1% des actes illicites enregistrés aboutissent à une condamnation", a déclaré Raul Plascencia Villanueva.

Près de 50 000 homicides en six ans

La CNDH chiffre le nombre des victimes d'homicides à 46 015 depuis six ans, auxquelles s'ajoutent 15 921 cadavres non identifiés et 1 421 cadavres exhumés de fosses clandestines. Si en 2005 la Commission avait enregistré seulement une plainte pour torture, en 2011 le nombre de dénonciations de traitements cruels, inhumains ou dégradants s'est élevé à 2 040.

Depuis 2005, la CNDH a enregistré près de 35 000 plaintes contre des fonctionnaires de la sécurité publique fédérale. Actuellement, elle enquête sur plus de 2 000 cas de disparitions forcées, c'est-à-dire concernant des personnes disparues du fait de l'action des forces de sécurité de l'Etat.

Ce tableau est dressé par la CNDH à quelques jours de la fin du mandat, le 1er décembre, du président Felipe Calderon, qui avait lancé dès son arrivée au pouvoir en décembre 2006 une guerre contre le crime organisé, appuyée par 50 000 militaires. Son successeur, Enrique Peña Nieto, s'est fixé pour priorité de diminuer le nombre de victimes engendrées par cette offensive.