Brésil : malgré la mobilisation mondiale l'an dernier, les incendies en Amazonie repartent à la hausse cet été

Le coucher de soleil met en évidence le rideau de fumée d\'un incendie dans une zone de la jungle amazonienne dans la région d\'Alvorada da Amazonia, à Novo Progresso au Brésil.
Le coucher de soleil met en évidence le rideau de fumée d'un incendie dans une zone de la jungle amazonienne dans la région d'Alvorada da Amazonia, à Novo Progresso au Brésil. (FERNANDO SOUZA / AGIF)

Durant l'été 2019, la forêt amazonienne brûlait entraînant une mobilisation mondiale pour sa sauvegarde. Mais cette année, il y a eu "plus d'incendie en juin, plus en juillet et nous allons finir le mois d'août avec autant de feux que l'an dernier", selon la scientifique Ane Alencar.

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Des reportages dans les tous médias, une mobilisation du monde entier, avec un chèque de cinq millions de dollars de l'acteur Leonardo DiCaprio et Madonna qui interpelle le président Jair Bolsonaro. Il y a un an, la forêt amazonienne brûlait sous le regard du monde entier. Plus de 10 000 km² étaient partis en fumée en quelques semaines. Un record qui n'avait pas été atteint depuis plus de dix ans.

Malgré la forte mobilisation mondiale pour sauver l'Amazonie, les incendies sont repartis à la hausse cet été 2020, selon les dernières données satellites et aussi celles de l'Institut de recherche environnemental de l'Amazonie, dont le docteur Ane Alencar est la directrice scientifique : "L'an dernier ce n'est finalement pas la pire année que nous ayons parce qu'après la mobilisation mondiale, il y a eu un moratoire avec moins de feux en septembre et octobre." Mais selon la directrice scientifique, cette année il y a eu "plus d'incendie en juin, plus en juillet et nous allons finir le mois d'août avec autant de feux que l'an dernier. Vous savez les gens ont tellement d'autres préoccupations avec le Covid-19 et la crise économique", poursuit la scientifique.

Des prairies pour l'élevage remplace la forêt

En revanche, le docteur Ane Alencar estime que ce qu'il s'est passé l'année dernière avec des centaines de personnes qui ont mis le feu en même temps le long de l'autoroute qui traverse la forêt, un événement nommé "le jour du feu", ne s'est pas reproduit cette année. De son côté, Greenpeace Brésil est retourné voir ce qu'il y avait maintenant sur ces zones qui ont brûlé l'an dernier. "Ce que nous avons vu c'est le scénario habituel de la destruction, explique Romulo Batista, chargé de campagne Amazonie pour Greenpeace. Il y a maintenant, sur ces zones incendiées, des prairies avec des troupeaux de bétail."

"Nous avons aussi fait un rapport à partir des données du cadastre et nous avons identifié 207 propriétaires qui ont mis le feu illégalement à des réserves protégées. Seulement 5% d'entre eux ont reçu une amende pour ce qu'ils avaient fait", indique Romulo Batista.  

Cette année encore, le gouvernement brésilien conteste les chiffres, y compris ceux de sa propre agence spatiale sur la déforestation. Plusieurs dizaines d'associations environnementales mais aussi des peuples autochtones demandent un moratoire pour cette année et de n'autoriser aucun feu volontaire aux propriétaires forestiers.

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