Accord de paix avec les FARC en Colombie : pour Ingrid Betancourt, le rêve est "devenu réalité"

Ingrid Betancourt répondant à une interview en mai 2016, à Bogota en Colombie
Ingrid Betancourt répondant à une interview en mai 2016, à Bogota en Colombie (MAXPPP)

La Colombie est sur le point signer un accord de paix entre le gouvernement et la guérilla des FARC. Ce texte historique pourrait mettre fin un conflit de plus d'un demi-siècle et qui a fait plus 260.000 morts.

L'accord de paix entre le gouvernement colombien et les FARC doit être approuvé par référendum le 2 octobre. Pour Ingrid Betancourt, ancienne otage des FARC pendant plus de six ans, "le rêve" est "devenu réalité", a-t-elle réagi vendredi sur franceinfo.

Cela été très émouvant. Très très fort émotionnellement. Je me suis retrouvée les larmes aux yeux (…) Je suis allée à Montmartre. Curieusement, il y avait beaucoup de Colombiens à ce moment-là. On s'est vraiment embrassés. Ca été très très fort même si nous savions tous que cela allait arriver. (…) Nous avons pris conscience que le rêve était devenu une réalité.Ingrid Betancourt

Pour autant, le peuple colombien est-il prêt à tourner la page ? Pour Ingrid Betancourt, cela ne va pas de soi. "Est-ce que nous sommes capables de laisser derrière nous la méfiance, la soif de vengeance ? Il y a encore des doutes et parfois du scepticisme et encore pour beaucoup une position tranchée de dire non, ces gens-là vont nous trahir encore une fois", a-t-elle expliqué.

 

Pour l'ancienne otage des FARC l'accord de paix ne doit pas empêcher que "justice soit faite", mais l'amnistie reste indispensable. "Il faut qu'il y ait une amnistie parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui ont été recrutés de force par les FARC", a-t-elle expliqué, en réclamant justice pour "ceux qui ont commis des crimes de guerre, des massacres, les décideurs."

Ingrid Betancourt en campagne pour le "oui" au référendum du 2 octobre

L'ancienne otage a décidé de faire campagne pour l'accord de paix avant le référendum du 2 octobre. "Je ne sais pas si j'irai jusqu'au point d'aller physiquement en Colombie faire campagne pour le plébiscite mais je sais que je suis déjà très active pour m'engager, m'investir dans l'explication du pourquoi il faut soutenir le oui", a-t-elle assuré. Pour elle, "c'est une évidence. C'est une responsabilité de victimes."

En dépit de ses 6 ans et demi de captivité, Ingrid Betancourt ne rejette pas l'idée de jouer un rôle plus important dans la construction de la Colombie de demain : "Cela dépendra de beaucoup de choses et en particulier de ma situation familiale."

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle vient d'être grand-mère à deux reprises en quelques mois, dont la dernière fois "il y a 5 jours." "Je suis une grand-mère et dans le bonheur d'être une grand-mère. Quand j'étais en captivité mes ravisseurs ne cessaient de me dire que je serais libre que quand je serais grand-mère . J'ai été libre avant, j'ai pu les voir naître et c'est un grand bonheur", s'est-elle réjouie.