Ali Bongo officiellement Président du Gabon

Ali Bongo (03/09/2009)
Ali Bongo (03/09/2009) (© France 2)

L"élection d'Ali Bongo à la tête du pays a été confirmée par la Cour constitutionnelle lundi soir

L"élection d'Ali Bongo à la tête du pays a été confirmée par la Cour constitutionnelle lundi soirL"élection d'Ali Bongo à la tête du pays a été confirmée par la Cour constitutionnelle lundi soir

Après cinq semaines de feuilleton, la Cour a validé l'élection malgré "quelques insuffisances" et rejeté ou déclaré irrecevables les 11 recours en annulation du scrutin déposés par 9 candidats.

Selon un porte-parole de la présidence gabonaise, l'investiture"devrait avoir lieu vendredi" à Libreville.

M. Bongo est élu avec 41,79% des voix selon la Cour. Ce chiffre, issu du nouveau comptage des voix effectué fin septembre, est légèrement différent de celui qui avait été annoncé le 4 septembre (41,73%) et avait provoqué un fort mouvement de contestation causant le décès de trois personnes selon les autorités, au moins cinq d'après l'opposition.

Le score des deux principaux rivaux d'Ali Bongo, qui s'estiment chacun vainqueur du scrutin, n'est que légèrement modifié mais il entraîne un bouleversement de poids: l'opposant Pierre Mamboundou passe avec 25,64% (bien 25,64%) des voix devant l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame, crédité de 25,33% des suffrages. Cet ancien proche d'Ali Bongo avait été classé deuxième du scrutin (25,88%) dans le résultat du 4 septembre, devant M. Mamboundou (25,22%).

L'opposition dénonce une "mascarade"

Avant même la lecture de l'arrêt de la Cour, M. Mba Obame, auteur d'un des recours, a annoncé qu'il entamait une grève de la faim, dénonçant "un coup d'État électoral" et "une dérive dictatoriale". Une "petite clique s'arc-boute sur ses intérêts en prenant tout le pays en otage", a-t-il déclaré. "La mascarade continue". "Le président Bongo nous avait laissé un pays qui avait des institutions crédibles, mais l'égoïsme, la mesquinerie, la soif effrénée de pouvoir ont en quelques mois ruiné le travail accompli", a-t-il ajouté.

"La Cour, c'est la tour de Pise: elle penche toujours du même côté. Nous ne sommes pas surpris", a déclaré Yvette Ngwevilo Rekangalt, une des huit autres candidats qui avaient déposé une requête. "Les décisions de la Cour sont irrévocables mais la loi ne doit pas être au service d'un pouvoir (...) Si la loi est au service du pouvoir, le peuple reprendra un jour son pouvoir", a-t-elle conclu.

Le secrétaire général du parti d'Ali Bongo, le Parti démocratique gabonais (PDG), Faustin Boukoubi, a pour sa part dit "éprouver un sentiment de pleine satisfaction". "Si Ali Bongo Ondimba avait voulu faire un coup de force, on n'aurait pas attendu quatre mois. Le droit et la loi ont prévalu. Le Parti démocratique gabonais a prouvé qu'il était un parti démocratique", selon lui.

Tâche ardue pour le Président


"Personne n'est prêt à négocier avec lui" (M. Bongo), a confié un responsable de l'Union du peuple gabonais (UPG), le parti de M. Mamboundou. Ali Bongo qui appartient à une petite ethnie, "aura contre lui les Fangs (ethnie de M. Mba Obame, relativement majoritaire dans le pays -entre 30 et 40% -), les Punus (ethnie de M. Mamboundou) et les Nzébis (ethnie de Zacharie Myboto, un autre candidat battu). Le pays va être ingouvernable", a-t-il estimé.

Le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, a estimé qu'il fallait "laisser le temps" à Ali Bongo "de démontrer qu'il peut être un président de rupture".