Algérie : toujours l'incertitude après deux jours d'intervention

(Maxppp)

Trois jours après le début de la prise d'otages sur le site pétrolier d'In Amenas en Algérie, difficile de savoir ce qu'il se passe sur les lieux. L'intervention semble se poursuivre. Et l'on sait désormais qu'un Français et un Américain figurent parmi les victimes. Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dans la nuit l'attaque "haineuse" des ravisseurs.

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Combien de victimes ?

Les informations divergent
d'une source à l'autre : selon une source de la sécurité algérienne, le bilan
provisoire de l'assaut est de 12 otages et 18 ravisseurs tués. On sait par
ailleurs désormais qu'un Français et un Américain figurent parmi ces victimes. Leurs nationalités ont été confirmées par Paris et Washington vendredi soir. Mais dans ce bilan, il y aurait encore une trentaine d'otages dont on ignore le sort. 

Du côté du groupe armé à
l'origine de la prise d'otages, le bilan est plus important : les activistes
parlaient dès jeudi soir de 34 otages tués dans l'assaut. Bilan jugé "fantaisiste " par les Algériens.

D'ores et déjà, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne. Dans un communiqué, il dénonce ce samedi matin l'attaque "haineuse " des djihadistes. Et appelle les États à "coopérer activement avec les autorités algériennes ". 

Que sait-on des
rescapés ?

La plupart des personnes
retenues dans l'usine ont pu être libérées ou s'enfuir. Quelque 573 employés
algériens ont retrouvé la liberté, ainsi qu'une centaine de personnes sur les
132 otages étrangers. Le ministère des Affaires étrangères a signalé que trois
Français faisaient partie des rescapés.

Certains rescapés ont
raconté leur expérience
durant la prise d'otages, ainsi que la façon dont
l'armée était intervenue, ou dont ils ont pu fuir : "Nous sommes sortis
par une porte à l'arrière de la base dont les terrorristes ignoraient
l'existence. En sortant, nous avons hissé un tissu blanc pour que l'armée sache
que nous étions des ouvriers
", a raconté un rescapé algérien à la télévision
algérienne.****

Y a-t-il encore des
otages ?

Il y en a encore ; mais le
doute plane sur leur nombre. Les preneurs d'otages ont indiqué à l'agence de
presse mauritanienne ANI que sept otages étaient encore entre leurs mains :
trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique.

Mais il est difficile
d'établir si ces affirmations sont vraies : la Belgique par exemple, n'a pas
été en mesure de confirmer que trois de ses ressortissants font toujours partie
des otages. La Norvège par ailleurs était toujours sans nouvelles de huit de
ses ressortissants, vendredi en début de soirée.

Les otages sont, selon le
groupe armé, retenus dans l'usine du site gazier. Les preneurs d'otages
affirment par ailleurs avoir "fait exploser une partie du site pour
repousser les forces algériennes
". Selon les sources de sécurité
algériennes, ce groupe serait en effet doté d'un véritable arsenal de guerre,
composé de mitrailleurs, de lance-roquettes, de missiles et de grenades.

Quelles sont les
motivations des preneurs d'otages ?

Ils s'en prennent avant
tout aux étrangers
. "Ils ont cassé les portes tout en criant : on ne
cherche que les expatriés
", racontait un ingénieur algérien. Il semble que
le groupe armé veuille désormais négocier la libération des otages. Selon
l'agence ANI, Mokhtar Belmokhtar, l'auteur du rapt, aurait proposé "à la France
et à l'Algérie de négocier pour l'arrêt de la guerre menée par la France".

Une autre source du groupe
armé a proposé aux Etats-Unis de libérer les otages américains en échange de la
libération d'un Egyptien et d'une Pakistanaise détenus aux Etats-Unis. Pas
question, pour le Département d'Etat, de négocier "avec les
terrorristes
".

Comment a réagi la
scène internationale ?

Le Japon, le Royaume-Uni,
la Norvège et les Etats-Unis ont fait part de leurs vives inquiétudes quant à
la sécurité de leurs ressortissants. Hillary Clinton a appelé l'Algérie à faire
preuve de "précaution extrême ", suivie par le ministre japonais des
Affaires étrangères Fumio Kishida qui dénonce un acte "ignoble " que le Japon "ne pardonnera jamais ". Plus tôt dans la journée, les Etats-Unis avaient
exprimé leur mécontentement pour ne pas avoir été tenus au courant avant le
lancement de l'assaut.

La France, à qui l'Algérie a ouvert son espace
aérien, s'est montrée de son côté plus modérée. Elle a simplement souligné que
la situation était "particulièrement complexe ", tout en signalant que
l'Algérie ne l'avait pas non plus tenue au courant de la tenue de l'assaut.
Pour le gouvernement Algérien, cette intervention a toutefois permis d'éviter
un "véritable désastre ".