Zimbabwe : le régime interdit les manifestations contre les pénuries alimentaires

Harare, capitale de du zimbabwe : les manifestant fuient les gaz lacrymogènes après l\'interdiction par la police des manifestations, contre l\'austérité et l\'augmentation du coût de la vie, appelées par l\'opposition.
Harare, capitale de du zimbabwe : les manifestant fuient les gaz lacrymogènes après l'interdiction par la police des manifestations, contre l'austérité et l'augmentation du coût de la vie, appelées par l'opposition. (PHILIMON BULAWAYO / X02381)

Les autorités zimbabwéennes ont interdit la manifestation prévue ce vendredi16 août 2019 à l'initiative de l'opposition. Le pays est confronté à de longues coupures d'electricité et à des pénuries de denrées de première nécessité, comme la farine, le pain ou l'huile.

Redoutant une forte répression policière, le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a finalement préféré annulé la manifestation prévue ce vendredi 16 août 2019.

Ce qui n'a pas empêché certains de ses sympathisants à descendre dans les rues de la capitale. Ils ont été immédiatement violemment dispersés à coup de bâtons et de gaz lacrymogène.

Un appel à manifester avait été lancé par 21 groupes d'opposition pour protester contre la politique économique du gouvernement et les nombreuses pénuries que connaît le pays.

Un porte-parole de la police avait interdit les manifestations et indiqué que tout contrevenant commettrait un crime. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avait pourtant déclaré que les manifestations seraient pacifiques.

En janvier 2019, des manifestations contre la hausse des carburants avaient déjà été violemment réprimées par la police.

Une vague de manifestations a éclaté au Zimbabwe en janvier 2019, après la décision du président Emmerson Mnangagwa de doubler les prix de l\'essence. Photo prise le 16 janvier 2019 dans la banlieue de la capitale harare. 
Une vague de manifestations a éclaté au Zimbabwe en janvier 2019, après la décision du président Emmerson Mnangagwa de doubler les prix de l'essence. Photo prise le 16 janvier 2019 dans la banlieue de la capitale harare.  (ZINYANGE AUNTONY / AFP)

Six opposants enlevés avant des manifestations

Les 13 et 14 août 2019, au moins six opposants avaient été enlevés par de probables agents de l'Etat. Ils ont été "gravement torturés", a déclare dans un communiqué le Forum zimbabwéen des droits humains.

Le MDC a saisi la justice pour contester l'interdiction de la police, mais a été débouté de sa demande.
"Le tribunal a déclaré que la manifestation devait être annulée", a indiqué à l'AFP le porte-parole du MDC, Nkululeko Sibanda.

Le régime fasciste a refusé aux Zimbabwéens le droit de manifesterTendai BitiVice-président du Mouvement pour le changement démocratique

La police a déployé depuis mercredi des patrouilles supplémentaires, des barrages routiers ont été dressés par les forces de l'ordre dans les environs d'Harare.

Si l'opposition a préféré annulé sa manifestation dans la capitale, d'autres rassemblements pourraient être organisés la semaine prochaine dans d'autres villes du pays.

Le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, aux commandes de l'ancienne colonie britannique, durant trente-sept ans, s'était engagé à relancer l'économie, jusqu'à présent sans succès.

Le pays est confronté à des pénuries régulières de denrées de première nécessité, à de très longues coupures d'électricité pouvant aller jusqu'à 19 heures par jour. Sans parler de l’hyperinflation qui appauvrit salariés et retraités.

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