Zimbabwe : le "scénario du pire"

(Radio France © France Info)

Plus de 60.000 cas de choléra ont été diagnostiqués depuis le début de l'épidémie qui s’est abattue sur le Zimbabwe en août dernier. Pour l’OMS, ce chiffre constitue le "scénario du pire", dans un pays déjà ravagé par une crise humanitaire majeure…

Le dernier décompte de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) annoncé aujourd’hui par les Nations unies fait froid dans le dos. L'épidémie de choléra qui sévit depuis août au Zimbabwe a déjà fait 3.161 morts et le nombre de personnes malades ne cesse d’augmenter. L’OMS récence en effet 60.401 personnes atteintes par cette infection intestinale aiguë due à une bactérie, le Vibrio cholerae, qui se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés, et qui dans sa forme la plus grave peut être mortelle.

"La période d’incubation très courte – de deux heures à cinq jours– accroît le risque de flambées explosives car le nombre de cas peut augmenter très rapidement", explique l’OMS surson site internet. Une crainte qui se vérifie sur le terrain. En 24 heures, on a ainsi enregistré 69 morts et 1.493 nouveaux cas.

Il s'agit de l'épidémie la plus importante et la plus meurtrière en Afrique depuis 15 ans. Une épidémie qui reste toujours "hors de contrôle", affirme l’Organisation mondiale de la Santé, qui ne prévoit pas d’amélioration de la situation "dans un avenir proche". Favorisée par la saison des pluies, qui s'achèvera à la fin mars, et par l'insalubrité des conditions de vie dans le pays, la propagation de la maladie semble inévitable. Selon l'OMS, jusqu'à la moitié des 12 millions d'habitants du Zimbabwe sont aujourd’hui menacés.

Crise humanitaire

Une situation sanitaire aggravée par la crise économique et politique que traverse le pays. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), sept millions de personnes seront dépendantes de l'aide alimentaire à partir du mois de février ou du mois de mars. Sur son site internet, l’UNICEF lance un appel : "Le Zimbabwe est le pays le plus durement touché de la région, et des centaines de milliers d'enfants ont particulièrement besoin d'aide à cause de la crise humanitaire provoquée par l'aggravation des pénuries alimentaires", s'alarme l’organisation humanitaire.

Cécile Mimaut, avec agences

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