Vote à l'ONU : les menaces de Trump vont-elles jouer sur les pays africains ?

L\'Assemblée générale de l\'ONU (ici en septembre 2017) vote sur la décision américaine concernant le transfert de son ambassade à Jérusalem.
L'Assemblée générale de l'ONU (ici en septembre 2017) vote sur la décision américaine concernant le transfert de son ambassade à Jérusalem. (VANESSA CARVALHO / BRAZIL PHOTO PRESS)

Les Etats-Unis menacent de sanctions financières les pays qui pourraient voter contre la décision de Donald Trump de transférer l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem, lors du vote du 21 décembre à l’Assemblée générale de l’ONU. Des menaces qui visent bien sûr les pays pauvres bénéficiant d’une aide américaine. Parmi eux, plusieurs pays africains.

«Ils prennent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous». a affirmé le président américain avant le vote du 21 décembre de l’Assemblée générale de l’ONU sur la décision américaine de transférer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem. Donald Trump menace donc directement au portefeuille les pays qui pourraient fâcher Washington. «Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup, cela nous est égal», a ajouté le président américain.


Ces menaces ne changeront sûrement pas le résultat final du vote qui condamnera la décision américaine, jugée contraire au droit international. Mais elle pourrait pousser un certain nombre d’Etats à ne pas participer au vote, à s’abstenir ou pourquoi pas à voter en faveur des Etats-Unis qui a déjà du utiliser son droit de véto devant le Conseil de sécurité.

Parmi eux on pourrait trouver des pays africains qui seraient sensibles aux menaces financières américaines. «Les États-Unis noteront les noms», a menacé Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU dans un tweet. «Le président observera attentivement ce vote et il a demandé que je lui signale les pays qui auront voté contre nous», a-t-elle ajouté.


La question israélo-palestinienne divise déjà le continent africain, Israël ayant mené une habile et intense politique de rapprochement avec un certain nombre de pays. Néanmoins, traditionnellement une majorité de pays reste (officiellement) sur une ligne que l’on pourrait résumer comme pro-palestinienne. Mais les pressions financières peuvent toujours faire bouger les lignes…
 
Selon les chiffres de Jeune Afrique, le montant de l’aide américaine (toujours difficile à calculer) pour l’Afrique subsaharienne en 2018 est de 5,2 milliards de dollars (cette aide était toujours la même source de 8 milliards l’année précédente). Par ailleurs, les USA avaient annoncé une aide de 60 millions de dollars au G5 Sahel pour financer une force anti-terroriste. 
 
Déjà les Etats-Unis avaient menacé en octobre dernier de jouer de l’arme économique contre les pays africains qui ne font pas ce qu’il faut «pour résoudre les problèmes de violences, la crise des réfugiés et mettre un terme aux famines qui sévissent sur le continent.», selon les mots de Nikki Haley. 
 
La diplomatie du dollar n’est pas morte. 
Vous êtes à nouveau en ligne