Victoire annoncée des islamistes aux législatives marocaines

(Radio France ©Reuters/Rafael Marchante)

Les islamistes "modérés" du Parti pour la justice et le développement (PJD) sont donnés favoris pour les élections législatives de ce vendredi.

Les sondages prédisent la victoire du PJD, le plaçant en tête devant le vieux parti nationaliste de l'Istiqlal et les socialistes de l'USFP. Les leaders du PJD estiment qu’il pourrait recueillir près de 40% des suffrages. Le parti dispose de 42 sièges sur 325 dans la Chambre des représentants sortante, fait campagne sur le thème de la lutte contre la corruption et se positionne comme le meilleur rempart contre le terrorisme. "Ce sont la misère sociale, la pauvreté et le chômage qui poussent les jeunes vers l'extrémisme", a souligné Lahcen Daoudi, un des chefs du PJD. "Si le Maroc pointe au 123e rang des nations en terme de développement humain, c'est à cause de sa mauvaise gouvernance. Nous voulons mieux répartir les richesses. 40 % d'entre elles sont accaparées par 1 % de la population", affirme le secrétaire général du parti, Saâd Eddine Othmani dans une interview au Pèlerin magazine.

Les partis traditionnels s'efforcent d'établir un lien indirect entre PJD et terrorisme, en assurant que le premier fournit au second son corpus idéologique. "Les électeurs devront choisir entre ceux qui veulent pousser le Maroc dans le tunnel noir de l'obscurantisme (...) et ceux qui défendent la démocratie et le progrès", affirme Mohamed el Yazghi, leader de l'Union socialiste des forces populaires (USFP). La direction du PJD récuse évidemment l'accusation.

Mais une partie de l’élite intellectuelle s’inquiète. Notamment, l'écrivain laïc Saïd Lakhal pour qui "le PJD est un parti religieux qui n'a pas renoncé à sa culture fondamentaliste et à la confrontation". Il craint que l'islamisme ne conduise le Maroc sur la voie de la violence expérimentée par l'Algérie dans les années 1990.