Un premier vaccin contre le paludisme attendu pour 2015

Photo provenant du Département américain de l\'Agriculture montrant un moustique gorgé de sang.
Photo provenant du Département américain de l'Agriculture montrant un moustique gorgé de sang. (HO / USDA / AFP)

Le groupe pharmaceutique britannique GSK pourrait commercialiser d'ici 2015 un premier vaccin contre le paludisme à destination des enfants d'Afrique subsaharienne. L’OMS doit encore donner son feu vert. Le paludisme, appelé également malaria, tue essentiellement des enfants de moins de 5 ans et fait 660.000 morts chaque année dans le monde.

L'Organisation mondiale de la santé pourrait rendre accessible un vaccin antipaludéen, baptisé le «RTS,S», à l’horizon 2015. «Si les résultats complets apportent des preuves suffisantes concernant l'effet protecteur de RTS,S/AS01 celui-ci pourrait constituer la première génération de vaccin contre le paludisme, a expliqué l'OMS. Sur la base des informations que nous avons acuellement, une recommandation pourrait intervenir dès 2015.» 

Derniers essais «encourageants»
Le laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline, qui développe le vaccin avec l'ONG Path et la fondation Gates, a qualifié d'«encourageants» les derniers essais du RTS,S. Les premiers résulats de la phase 3 de l'essai clinique ont été annoncés, le 8 octobre 2013, par la firme britannique à Durban, en Afrique du Sud, lors de la 6e conférence panafricaine sur le paludisme.

Portant sur plus de 15.000 enfants, cet essai a été «mené dans 11 sites répartis dans 7 pays (Burkina Faso, Gabon, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique et Tanzanie) avec différentes intensités de transmission du paludisme», a expliqué le Dr. Lucas Otieno du Kenya medical Research Institute/Walter Reed project. Le chercheur a indiqué avoir constaté une efficacité vaccinale de 46% chez les nourrissons (âgés de 5 à 17 mois lors de la première injection) et de 27% chez ceux âgés de 6 à 12 semaines à la première vaccination, sur une période de dix-huit mois. 

Ces résultats sont proches de ceux annoncés en 2012, après quatorze mois de suivi : respectivement 56% de réduction des crises de paludisme pour le premier groupe et de 30% pour le second.


Selon GSK, une recommandation positive du «RTS,S» par l'OMS en 2015 ouvrirait la voie à une diffusion du vaccin en Afrique ─ principalement via l'Unicef et le programme humanitaire Gavi Alliance ─ à prix réduit, avec une marge de seulement 5%. Le laboratoire a fait savoir qu'il solliciterait en 2014 un avis scientifique auprès de l'Agence européenne du médicament pour ce vaccin développé spécifiquement pour des enfants d'Afrique subsaharienne et qui ne sera pas commercialisé en Europe.

Prudente, l’Alliance mondiale pour la vaccination et l'immunisation (Gavi) attendra le feu vert de l'OMS pour lancer sa campagne de vaccination. En novembre, «le conseil d'administration va discuter de ce vaccin», mais aucune décision ne sera prise tant que l'OMS ne s'est pas prononcée, a averti, le 14 octobre 2013 à Genève, le directeur général de Gavi Alliance, Seth Berkley, lors d'une conférence de presse. 

Réunion des pays donateurs
Une prochaine réunion de donateurs de l'Alliance est prévue le 30 octobre 2013, à Stockholm. Le Royaume-Uni, la Fondation Bill & Melinda Gates ainsi que la Norvège y participeront. Grâce au soutien de ses partenaires, Gavi est sur les rails pour atteindre son objectif de 4 millions de vies sauvées en 2015.

Selon M.Berkley, Gavi Alliance dispose déjà de 7,6 milliards de dollars, soit 5,6 milliards d'euros. En 2011 et 2012, l'alliance a ainsi vacciné environ 97 millions d'enfants contre différentes maladies dans les pays en développement. Cette année, quelque 48 millions d'enfants supplémentaires devraient aussi être immunisés.

Le paludisme est dû à un parasite, le Plasmodium, qui, transmis par les moustiques, provoque fièvre, maux de tête et vomissements. En l'absence de traitement, il peut entraîner rapidement le décès par troubles circulatoires. Dans de nombreuses régions du monde, les parasites sont devenus résistants à plusieurs traitements antipaludiques, ce qui explique les efforts déployés pour la mise au point d'un vaccin. 
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