Tunisie : une mère d'élève incarcérée pour insultes racistes envers un instituteur

Des enfants tunisiens manifestent contre le racisme, le 21 mars 2014, dans la capitale Tunis.
Des enfants tunisiens manifestent contre le racisme, le 21 mars 2014, dans la capitale Tunis. (FETHI BELAID / AFP)

Cette femme a été placée en détention provisoire à Sfax et comparaîtra devant un tribunal pénal. C’est l’un des premiers cas de mise en application d'une loi pénalisant le racisme, votée fin 2018.

Malgré la nouvelle loi, les discriminations raciales persistent sur le sol tunisien. Cette fois, c’est la mère d’une élève de Sfax, ville portuaire à l’est du pays, qui est accusée d’avoir proféré des insultes racistes envers l’instituteur de sa fille. Les premiers éléments de l’enquête révèlent que l'enfant, expulsée le 19 janvier 2018 de sa classe, avait prévenu sa mère, qui s’est rendue immédiatement à l’école et a invectivé l'instituteur. Elle a tenu des propos virulents axés sur la couleur de sa peau.

"Cette dame a été placée sous mandat de dépôt mardi (le 22 janvier, NDLR) et sera jugée la semaine prochaine devant le tribunal pénal de Sfax", a indiqué le porte-parole du procureur, Mourad Turki.

Depuis la loi du 9 octobre 2018, les propos à caractères racistes sont passibles d'un an de prison et d’une amende pouvant aller jusqu'à 1000 dinars, soit près de 300 euros. L’outrage à un fonctionnaire, motif pour lequel cette femme et son mari sont tous deux également poursuivis est passible d’une peine de prison.

Pour l'Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM) le "vide juridique qui existait jusque là" est comblé par l'application de la loi qui pénalise toute forme de racisme. Dernière avancée dans ce domaine : le président tunisien Béji Caïd Essebsi a proclamé le 23 janvier Journée nationale de l'abolition de l'esclavage. La Tunisie est le premier pays arabe à l'avoir aboli en 1846.

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