VIDEO. Tunisie : deux ans après, la révolution continue

Rencontre avec ceux qui ont renversé Ben Ali, dans un pays, toujours déstabilisé par une profonde crise économique, sociale, politique.

Depuis plus de deux ans, la Tunisie vit en état d'urgence. Les autorités l'ont instauré le 14 janvier 2011, après la fuite du président déchu Ben Ali, et n'ont cessé de le prolonger. Elles ont encore pris cette décision, vendredi 24 mai, quelques jours après des heurts entre policiers et militants salafistes. Dimanche 19 mai, des affrontements ont éclaté en banlieue de Tunis. Un manifestant a été tué. Des violences qui ravivent le souvenir de la révolution de jasmi.

En deux ans, la Tunisie a vu se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Le gouvernement, dirigé par les islamiste, a durci le ton face à la mouvance jihadiste depuis qu'il a admis, début mai, l'existence de groupes armés liés à Al-Qaïda à la frontière avec l'Algérie. Il a notamment interdit le congrès annuel du mouvement salafiste Ansar Asharia accusé de plusieurs vagues de violence depuis la révolution. Cette interdiction a été à l'origine des affrontements du 19 mai entre partisans de ce mouvement et forces de sécurité à cité Ettadhamen, leur bastion à Tunis.

Mais la crise n'est pas seulement politique. Le pays est aussi déstabilisé par la misère, le chômage et le développement des conflits sociaux. Comment ceux qui ont fait la révolution vivent deux ans après ? Ce reportage, diffusé sur France 2 samedi 25 mai dans l'émission "13h15 le samedi", ébauche une réponse. On y rencontre Walid et Moslem. Ils ont perdu une jambe et beaucoup de leurs rêves et pourraient être tentés par le salafisme. Il y a aussi Haïfa, qui s'inquiète des menaces pesant sur la liberté des femmes, et Amel, mariée à un islamiste longtemps emprisonné, elle est devenue députée, proche du pouvoir. La révolution perdure. Le parfum du jasmin, lui, s'est envolé.

"Tunisie : la révolution sans le jasmin", un reportage de Cédric Molle-Laurençon, Matthieu Martin, Guillaume Salasca. 

Vous êtes à nouveau en ligne