Tunisie : sept ans après la révolution, l'heure est au désenchantement

Depuis quelques jours un mouvement de contestation populaire gagne la Tunisie, sept ans tout juste après la chute du régime de Ben Ali. Une équipe de France 3 est allée à la rencontre des Tunisiens dans la banlieue de Tunis.

Hammam Lif, au sud de Tunis, toute la semaine, cette banlieue s'est mobilisée contre la crise sociale. Ce sont les familles les plus modestes qui sont le plus touchées par la hausse des taxes. À l'écart de la ville, sur un terrain vague, se trouvent des bungalows conçus initialement pour des touristes, ils ont aujourd'hui été transformés en logements sociaux. Mohammed Chtiwi, gardien de stade de 68 ans, vit avec sa famille dans l'un d'entre eux : neuf personnes dans 20m². Comme un jeune sur trois, sa fille, Raouda, 26 ans, est sans emploi. "Il n'y a pas assez de travail, et quand il y en a, on vous paie une misère", explique la jeune femme à France 3. Pour Mabrouka, la mère, le désarroi reste grand. Ses quatre enfants sont tous au chômage. "Moi, je ne demande qu'une seule chose, c'est que mes enfants puissent trouver un travail, devenir autonomes, et vivre comme tout le monde".

Une révolution inaboutie ?

Hausse de la TVA, nouvelles taxes sur certains produits alimentaires ou sur l'essence, les prix flambent. Certains regrettent même l'époque du dictateur Ben Ali. "Les Tunisiens s'apprêtent à vivre le septième anniversaire de la révolution. Une révolution qu'ils considèrent comme inaboutie. Il y a certes eu des avancées en matière de transition démocratique, mais le pays reste plongé dans un marasme économique. L'heure est plus que jamais au désenchantement", conclut l'envoyé spécial de France 3 en Tunisie, Marc Dana.

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