Tunisie : les pourparlers pour nommer un Premier ministre suspendus

Des manifestants réclament le départ du gouvernement et manifestent contre le terrorisme, à Tunis (Tunisie), le 28 octobre 2013, lors d\'un défilé organisé par le syndicat UGTT.
Des manifestants réclament le départ du gouvernement et manifestent contre le terrorisme, à Tunis (Tunisie), le 28 octobre 2013, lors d'un défilé organisé par le syndicat UGTT. (CITIZENSIDE / CHEDLY BEN IBRAHIM / AFP)

Ces discussions avaient pourtant pour objectif de sortir le pays d'une profonde crise politique.

"Nous avons décidé de suspendre le dialogue national jusqu'à ce qu'il y ait un terrain favorable à sa réussite." Les pourparlers entre les islamistes tunisiens au pouvoir et l'opposition pour nommer un nouveau Premier ministre en Tunisie sont suspendus sine die, faute d'accord. C'est le médiateur de la crise, le syndicat UGTT, qui l'a annoncé lundi 4 novembre, tard dans la soirée. La nomination d'un nouveau Premier ministre devait sortir le pays d'une profonde crise politique, provoquée par l'assassinat, le 25 juillet, d'un député d'opposition attribué à la mouvance jihadiste.

"Nous ne sommes pas arrivés à un consensus sur la personnalité qui dirigera le gouvernement, nous avons essayé de résoudre les difficultés mais il n'y a pas eu de consensus", a dit le secrétaire général de l'UGTT, Houcine Abassi.

Deux vétérans proposés par les deux camps

Ennahda a défendu bec et ongle son candidat, Ahmed Mestiri, 88 ans, un vétéran de la vie politique tunisienne que l'opposition juge trop faible et trop vieux pour gouverner. "Nous ne voyons pas d'alternative", a souligné Rached Ghannouchi, chef d'Ennahda, après l'échec des négociations. L'opposition préfère un autre vétéran, Mohamed Ennaceur, 79 ans.

Les représentants du parti islamiste Ennahda, leurs alliés et ceux de l'opposition avaient déjà échoué samedi à respecter la date limite que la classe politique s'était fixée, pour désigner un nouveau Premier ministre. Indépendant, il devait former un cabinet apolitique chargé de conduire le pays jusqu'aux prochaines élections. Pour Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, interrogé par francetv info le 25 octobre, "ce débat national" constituait "l'ultime chance" pour trouver une issue au conflit.

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