La Tunisie prolonge l'état d'urgence de huit mois

Des militaires tunisiens inspectent une plage après un attentat raté, à Sousse, le 30 octobre 2013.
Des militaires tunisiens inspectent une plage après un attentat raté, à Sousse, le 30 octobre 2013. ( AFP )

Cette décision est le signe que la tension s'accroît dans le pays, où les violences jihadistes se mutliplient.

La Tunisie est toujours sous tension. L'état d'urgence en vigueur depuis la révolution de janvier 2011, a été prolongé, dimanche 3 novembre jusqu'à juin 2014. La présidence tunisienne n'a apporté aucune précision, mais signe de la tension accrue, l'état d'urgence, qui accorde de larges pouvoirs à la police et l'armée, a été cette fois prolongé de huit mois, alors qu'il l'était par tranche de un ou trois mois.

La Tunisie est confrontée à l'essor de groupes jihadistes depuis la révolution de 2011, mais les attaques se sont multipliées ces dernières semaines. Pour la première fois depuis le soulèvement qui a renversé Ben Ali, deux sites touristiques ont été ciblés mercredi : l'un a été visé par un attentat suicide qui n'a pas fait de victime et l'autre par une tentative déjouée à temps. Durant le seul mois d'octobre, neuf gendarmes et policiers ont été tués dans des affrontements.

Si aucune revendication n'a été annoncée, le gouvernement a attribué les attaques à des groupes liés aux salafistes d'Ansar Ashariaa, mouvement accusé de liens avec Al-Qaïda. L'opposition taxe les islamistes d'Ennahda au pouvoir de laxisme face à l'essor de ces violences, tandis que le gouvernement assure être en "guerre" contre le terrorisme ce qui implique des pertes. La recrudescence des heurts intervient en pleine crise politique, déclenchée fin juillet par l'assassinat d'un opposant attribué à la mouvance jihadiste.

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