Tunisie. Le Premier ministre s'est dit prêt à démissionner s'il échouait à former un gouvernement de technocrates

Des partisans d\'Ennhada manifestent à Tunis, le 9 février 2013. 
Des partisans d'Ennhada manifestent à Tunis, le 9 février 2013.  (FETHI BELAID / AFP)

Hamadi Jebali, membre d'Ennhada, est en conflit avec le parti islamiste, lequel s'oppose à ce qu'il forme un gouvernement de technocrates et apolitique. 

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali, en conflit avec son parti Ennahda, a déclaré aux médias tunisiens être prêt à démissionner s'il échouait à former un gouvernement de technocrates avant le milieu de la semaine prochaine. "Je présenterai l'équipe au plus tard au milieu de la semaine prochaine. Si elle est acceptée (...) je continuerai à assumer mes fonctions de chef du gouvernement, à défaut, je demanderai au président de la république de chercher un autre candidat pour composer un nouveau gouvernement", a-t-il dit samedi 9 février.

Interrogé pas la chaîne France 24, il a assuré que les ministères régaliens aux mains de son parti islamiste seront remplacés par des indépendants dans le gouvernement apolitique qu'il veut former contre l'avis de son propre camp."Tous les ministres seront des indépendants, y compris à l'Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères", a-t-il déclaré.

Plusieurs milliers de militants d'Ennahda dans les rues à Tunis

"France dégage", "le peuple veut protéger la légitimité [du parti au pouvoir]". Plus de 3 000 manifestants se sont réunis  dès 14h sur l'esplanade du théâtre municipal, à une centaine de mètres de l'ambassade de France, sur l'avenue Habib Bourguiba. Ils ont notamment scandé des slogans pro-islamistes et anti-français au cours de ce rassemblement dont le mots d'ordre est "la défense de la légitimité de l'Assemblée nationale constituante" (ANC) et la lutte "contre la violence" politique et "l'ingérence française". Jeudi, Manuel Valls a dénoncé "un fascisme islamique qui monte un peu partout" en réaction aux manifestations qui ont éclaté en Tunisie depuis mercredi.

Le centre de la capitale tunisienne a été le théâtre de violences ces derniers jours entre opposants en colère et policiers. Vendredi, alors que plusieurs dizaines de milliers de personnes assistaient aux obsèques de Chokri Belaïd, la police a tiré des gaz lacrymogènes sur des dizaines de manifestants dans le centre de Tunis.

 

Vous êtes à nouveau en ligne