Tunisie : 40 000 manifestants dans la rue, l'Assemblée constituante suspendue

Une manifestation à Tunis (Tunisie), face à l\'Assemblée nationale constituante, le 4 août 2013. L\'opposition réclame sa dissolution.
Une manifestation à Tunis (Tunisie), face à l'Assemblée nationale constituante, le 4 août 2013. L'opposition réclame sa dissolution. (ANIS MILI / REUTERS)

Le président de l'ANC, Mustapha Ben Jaafar, a réclamé l'ouverture de négociations pour sortir de la crise politique. Dans la soirée, des dizaines de milliers de personnes ont marché contre le pouvoir islamiste.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans le centre de Tunis, mardi 6 août, pour réclamer le départ du gouvernement dirigé par les islamistes. Peu avant, en début de soirée, les travaux de l'Assemblée nationale constituante (ANC) ont été suspendus par son président, Mustapha Ben Jaafar.

Ce dernier a déclaré à la télévision que l'ANC reprendra ses réunions à condition que des "négociations de sortie de la crise politique commencent". L'adoption d'une nouvelle constitution est paralysée depuis des mois faute de consensus à l'ANC. La Tunisie ne dispose pas d'institutions pérennes, deux ans et demi après la révolution de janvier 2011.

Quelque 40 000 manifestants dans la banlieue de Tunis

Après une dizaine de jours de manifestations nocturnes, quelque 40 000 personnes ont défilé mardi soir, selon la police, dans la banlieue de Tunis, face à l'Assemblée nationale constituante. C'est la manifestation la plus importante depuis l'assassinat du député laïc de l'opposition, Mohamed Brahmi, le 25 juillet.

Encore une fois, les manifestants ont réclamé le départ du gouvernement dirigé par les islamistes. Cette coalition allant de l'extrême gauche au centre-droit veut également arracher la dissolution de l'ANC.

Impasse politique

"J'appelle tout le monde à participer au dialogue", a justement lancé Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée constituante dont il a suspendu les travaux. Il est également secrétaire général du parti laïc de centre-gauche Ettakatol, une formation favorable à la mise en place d'une nouvelle équipe gouvernementale, même si elle n'a pas démissionné du gouvernement dirigé par Ennahda. Mustapha Ben Jaafar a dit agir "au service de la Tunisie", lors d'une allocution à la télévision d'Etat. Au passage, il a dénoncé l'incapacité de la classe politique à s'unifier "malgré la gravité de la situation".

Le gel des travaux de l'ANC remet en cause le calendrier de sortie de crise du Premier ministre islamiste Ali Larayedh, qui avait proposé d'achever les travaux de la Constituante d'ici au 23 octobre, pour l'organisation d'élections le 17 décembre. Le parti islamiste Ennahda, au pouvoir, refuse toute négociation dont la précondition est le départ du cabinet en place. Et mardi, Ali Larayedh avait même exhorté les députés de la Constituante à accélérer leurs travaux.

Un "terroriste" tué par la police tunisienne

Le ministère de l'Intérieur a annoncé avoir tué un "terroriste", dans la banlieue de Tunis, mardi. La brigade antiterroriste a été visée par des tirs et un jet de grenade alors qu'elle tentait d'appréhender plusieurs suspects.

La police multiplie les opérations contre la mouvance islamiste armée et, depuis vendredi, les autorités tunisiennes ont déjà annoncé plusieurs opérations de ce type contre des individus préparant des attentats ou des assassinats.

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