Tunisie. Un magazine pour enfants donne la recette du cocktail Molotov

Un homme lance un cocktail Molotov à Sanabis (Bahrein), le 4 avril 2012.
Un homme lance un cocktail Molotov à Sanabis (Bahrein), le 4 avril 2012. (HAMAD I MOHAMMED / REUTERS)

Le ministère tunisien de la Femme, de la famille, de l'enfance et des personnes âgées a demandé l'ouverture d'une enquête contre les directeurs de la publication de "Kaous Kouzah".

AFRIQUE – Pour avoir expliqué à ses jeunes lecteurs comment fabriquer un cocktail Molotov, un magazine tunisien pour enfants va être poursuivi en justice, ont annoncé les autorités tunisiennes mardi 9 octobre. Le ministère de la Femme, de la famille, de l'enfance et des personnes âgées a demandé l'ouverture d'une enquête contre les directeurs de la publication et toute personne impliquée.

L'article, publié dans le dernier numéro de Kaous Kouzah (arc-en-ciel, en arabe), lu depuis des décennies en Tunisie par les enfants de 5 à 15 ans, montre le dessin d'une bouteille en feu et des instructions pour la fabriquer. Le magazine publie aussi la mention suivante dans l'article, publié dans la rubrique "Le coin du savoir""Il s'agit d'une arme improvisée souvent utilisée dans des émeutes et actes de sabotage en raison de sa simplicité de fabrication et d'utilisation." 

Le magazine "met en danger la vie des enfants"

L'article explique ensuite que la bouteille doit être remplie qu'un chiffon imbibé doit être glissé à l'intérieur du récipient avant d'être allumé. "La bouteille est ensuite lancée contre l'objet visé. [Elle] se casse et incendie" sa cible, ajoute-t-il.

Le ministère considère que l'article "encourage la pensée violente et terroriste". Il met aussi en danger la vie des enfants en "encourageant l'usage de cocktails Molotov dans des actes de vandalisme ou de terrorisme", selon le ministère tunisien.

Le magazine n'est pas orienté politiquement, mais l'article touche un point sensible du pays. La révolution tunisienne a mené à l'élection démocratique d'un gouvernement de transition dirigé par le parti islamiste Ennahda, mais les violences perpétrées par les groupes extrémistes persistent, et l'usage de cocktails Molotov y est fréquent.