Tunisie : la liberté au bout des ondes

(Radio France ©RF/Mikaël Roparz)

Le peuple tunisien se rend aux urnes dimanche. Un scrutin historique neuf mois après la chute de Ben Ali. Pendant 23 ans, les Tunisiens ont été bridés. Ils vont enfin pouvoir prendre la parole. Aujourd'hui, c'est un vent nouveau qui souffle sur le pays du jasmin. La presse, les radios, les télévisions, espèrent pouvoir enfin raconter, témoigner, choisir librement leurs sujets.

Un quartier à la périphérie de Tunis.
C'est là, dans un immeuble bourgeois qu'est installée Radio 6.

Cette station radio a vu le jour en 1987, juste à l'arrivée au pouvoir de Ben Ali. Depuis toute l'équipe de journalistes, d'animateurs, de techniciens n’a jamais cessé de subir l’oppression et la censure exercées par le régime de Ben Ali.
Depuis 1987, son directeur, Salah forti n'a jamais obtenu l'autorisation d'émettre. A l'époque, il était le premier à formuler une demande d'ouverture d'une radio privée.
Alors pour éviter les pressions de plus en plus fortes, il a décidé d'aller sur le web.
Depuis le 14 janvier et la chute Ben Ali, Radio 6 Tunis émet sur les ondes, 97.2 FM. Mais toujours clandestinement.
Salah Forti et son équipe attendent beaucoup de la révolution tunisienne. Ils espèrent enfin avoir l'autorisation officielle d'émettre, même si la liberté se met tout doucement en place.

Un vent nouveau pour la liberté de la presse

En Tunisie, la liberté de la presse existe. En tous les cas, elle est normalement garantie par la constitution. Pourtant, celui que l'on a appelé le “sauveur”, le “héros”, au moment ou il a été élu en 1987 muselait la presse.
Les Unes des journaux se ressemblaient. Tous titraient sur Ben Ali et sa famille.
Aujourd'hui, même si la censure n'a pas totalement disparu, un nouveau vent souffle sur la Tunisie.
Reporters sans frontières, RSF a ouvert la semaine dernière un bureau en plein cœur de Tunis.
Sous le régime de Ben Ali ça n'aurait pas été possible.
C'est une première dans un pays arabe.
L'équipe de RSF va devoir accompagner les journalistes, qui vont découvrir ce qu'est la liberté de la presse. Olivia Gré qui dirige le bureau de RSF à Tunis “entend être plus proche des Tunisiens dans leurs efforts vers la démocratie et accompagner le développement d'une presse stable, déontologique et indépendante”.

par FranceInfo

Le mois dernier, le ministère de l'Intérieur a annoncé à 187 journaux et revues l'autorisation de paraître.

Mikaël Roparz