Tunisie : Ennahda prendrait la tête du gouvernement de coalition

Le numéro 2 du parti islamiste Ennahda, Hamadi Jebali, lors d\'une conférence de presse le 19 octobre 2011 à Ariana, près de Tunis (Tunisie).
Le numéro 2 du parti islamiste Ennahda, Hamadi Jebali, lors d'une conférence de presse le 19 octobre 2011 à Ariana, près de Tunis (Tunisie). (FETHI BELAID / AFP)

Le numéro 2 du parti islamiste, Hamadi Jebali, deviendrait chef du gouvernement, tandis que deux dirigeants de gauche seraient nommés président de la République et président de l'Assemblée.

Après la victoire des islamistes tunisiens d'Ennahda aux législatives du 23 octobre, restait à savoir quelle serait la composition du futur gouvernement de coalition. Un accord de principe a été trouvé dans la nuit du vendredi au samedi 19 novembre entre Ennahda et deux partis de gauche minoritaires.

Selon cet accord, le numéro 2 d'Ennada, Hamadi Jebali, deviendrait chef du gouvernement. Moncef Marzouki, leader du Congrès pour la République, serait nommé président de la République, tandis que Mustapha Ben Jaafar, du parti Ettakatol, occuperait le poste de président de l'Assemblée constituante.

Hamadi Jebali, islamiste du premier cercle d'Ennahda, a passé plus de 15 ans dans les geôles de Ben Ali. Sa candidature au poste de premier ministre avait été annoncée par Ennahda quelques jours après le scrutin du 23 octobre, lors duquel le parti a obtenu 89 sièges sur 217.

Moncef Marzouki est lui aussi un ancien opposant au régime de Ben Ali. Médecin de formation, âgé de 66 ans, il a vécu pendant 10 ans en exil en France avant de revenir en Tunisie après la Révolution. Son parti, qui se qualifie de gauche nationaliste, détient 29 sièges à l'Assemblée.

Mustapha Ben Jaafar est également un ancien opposant à Ben Ali. Agé de 71 ans, médecin lui aussi, il dirige le parti de gauche Ettakatol (Forum), qui compte 20 sièges.

Les trois partis doivent annoncer officiellement ces nominations d'ici lundi, les discussions se poursuivant ce week end sur la répartition des portefeuilles du gouvernement. Cet accord devra en outre être validé par l'Assemblée, qui tiendra sa première réunion mardi. 

Sa principale mission sera de rédiger une nouvelle constitution pour le pays, après la chute de l'ancien président Ben Ali en janvier.