Aziza Albachir, une femme nommée pour la première fois ministre du Pétrole au Tchad

Vue des infrastructures pétrolières à Kome, au Tchad (archives).
Vue des infrastructures pétrolières à Kome, au Tchad (archives). (DESIREY MINKOH / AFP)

Dix jours après avoir limogé deux ministres, celui du Pétrole et celui des Postes, le président tchadien Idriss Déby Itno a nommé le 21 janvier 2019 leurs remplaçants. Une nomination qui a permis une grande première au Tchad. 

A 40 ans, Aziza Albachir, formée en finances et administration entre la France et les Etats-Unis, est devenue la première Tchadienne à détenir le portefeuille de l’Energie et du Pétrole.

Engagé depuis six mois sur la voie de la parité, le chef de l’Etat a choisi de confier ce ministère sensible à celle qui a été l’ancienne Directrice générale adjointe de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), société étatique supervisant la production et la commercialisation du brut tchadien.

Une femme à la tête d'un secteur problématique

Le Tchad, où près de 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, est devenu un pays pétrolier en 2003, alors que son économie reposait jusque là essentiellement sur l'agriculture. Comme tous les pays producteurs, il a été victime de la chute brutale des cours du brut en 2014, qui ont conduit à une forte récession et a eu d'importantes répercussions sociales.

En 2018, le secteur pétrolier tchadien a été pointé du doigt pour son manque de transparence par l'ONG Swissaid. Elle dénoncait "l'opacité de SHT, une structure qui ne publie pas ses comptes et n'est soumise à aucun audit externe". A l'époque, la STH avait apporté un démenti à l'AFP, indiquant que la société étatique publiait ses comptes sur internet.

Dans le cadre de ce remaniement, le ministère des Nouvelles technologies de l'information et de la communication a été confié à Idriss Bachar. Avant sa nomination, il était directeur général de l'Ecole nationale des technologies de l'information et de la communication.

Un ancien rebelle nommé conseiller d'Idriss Deby

Le 11 janvier 2019, les deux titulaires de ces postes avaient été limogés par décret présidentiel qui n'en précisait pas les raisons. Des sources internes au ministère du Pétrole avaient toutefois indiqué à l'AFP qu'il était reproché au ministre limogé, Michel Boukar, d'avoir vendu un bloc de pétrole à deux entreprises différentes, une chinoise et une taïwanaise.

Enfin, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Acheikh Ibn Oumar, passé à la rébellion pendant une vingtaine d’années et rentré au pays à la faveur d’une amnistie générale, a été nommé conseiller diplomatique d’Idriss Déby Itno. Il remplace, à ce poste, un autre ancien chef de la diplomatie tchadienne, Hissein Brahim Taha, qui devient, lui, Secrétaire général adjoint de la présidence de la République.

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