Soudan : la crise économique derrière la crise politique

Au Soudan, c’est la crise économique qui a déclenché la crise politique. Mais cette crise ne s’est pas achevée avec la chute de l’ancien président Omar El Béchir. L’inflation est toujours galopante. Et trouver de l’argent liquide à Khartoum reste difficile.
Au Soudan, c’est la crise économique qui a déclenché la crise politique. Mais cette crise ne s’est pas achevée avec la chute de l’ancien président Omar El Béchir. L’inflation est toujours galopante. Et trouver de l’argent liquide à Khartoum reste difficile. (Soudan : la crise économique derrière la crise politique)

   Au Soudan, c’est la crise économique qui a déclenché la crise politique. Mais cette crise ne s’est pas achevée avec la chute de l’ancien président Omar El Béchir. L’inflation est toujours galopante. Et trouver de l’argent liquide à Khartoum reste difficile.

 

    Devant les banques de Khartoum, l’attente est interminable. Au Soudan retirer de l'argent liquide prend des heures, sans aucune garantie d'y parvenir.  Sameh Essir Salah habite Om Durman, une banlieue de la capitale soudanaise. Il est venu à six heures du matin faire la queue au distributeur de billet, et ce jour-là, il a eu de la chance : « Enfin !  J'ai pu retirer malgré la chaleur et la soif. » Grâce à cet argent, Sameh peut faire les courses de la semaine pour sa famille.  Le Soudan est en crise économique. Le taux d’inflation est depuis de 70% par an, et la capitale Khartoum connait régulièrement des pénuries d'argent liquide. Les retraits sont plafonnés à 2000 livres soudanaises, soit environ 40 euros.   C’est cette crise économique, et notamment l’augmentation des prix du pain, qui a déclenché les manifestations contre l’ancien régime d’Omar El Béchir en décembre dernier.   Sameh Essir Salah  rentre justement dans sa ville d’Om Durman, l’un des foyers précoces de la contestation contre l’ancien président soudanais. De Khartoum, il doit prendre deux bus et marcher trente minutes pour rentrer chez lui. Entre le temps perdu à la banque et les distances, il aura consacré sa journée entière à ramener des provisions pour sa famille. Il précise « si j’avais un travail, je devrai prendre un jour de congé entier rien que pour aller tirer de l’argent et faire quelques courses ».    Le soir, c'est l'heure de la « Dara ». Une tradition soudanaise qui veut que la rupture du jeune se fasse à l'extérieur de la maison pour pouvoir accueillir le voisin, le voyageur, le démuni. Au milieu des siens, Sameh Essir Salah rêve de lendemains meilleurs. « Si les militaires sont responsables et laisse le pouvoir aux civils et si on a des élections libres, je pense que le soudan peut aller mieux »   Les représentants des civils et le conseil militaire ont trouvé un accord ce mercredi. Il porte sur une période de transition de trois ans.  

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