«Quelque part dans le désert» en Israël: lieux de vie des migrants, par Ron Amir

Jusqu’au 2 décembre 2018, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (MAM) présente «Quelque part dans le désert», une exposition de Ron Amir. 

Les clichés et vidéos du photographe nous montrent à voir les conditions de vie – entre solitude, ennui et espoir – de milliers de réfugiés soudanais et érythréens, à Holot, un centre de rétention situé en Israël, dans le désert du Néguev.

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Le banc d'Abdelrazik, 2014. Pendant trois ans (2014-2016), l'artiste Ron Amir est parti à la rencontre de migrants qui ont trouvé refuge en Israël après avoir fui la violence dans leur pays. Rentrés illégalement dans le pays, ils ne sont pas autorisés à vivre ou travailler légalement en Israël. En ce qui concerne le régime érythréen, il a été accusé par l'ONU de crimes contre l'humanité «généralisés et systématique».   RON AMIR
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Stand fermé, 2014. S’ils peuvent circuler librement hors du centre de Holot dans la journée, les réfugiés sont obligés d’y pointer matin et soir. Sans ressources, ils passent une partie de leur temps à errer à la recherche d’une activité. Ils essayent avec des moyens rudimentaires (bâtons, sable, pierres et divers objets abandonnés) de reconstruire des lieux de vie propres à leur culture: huttes communautaires, salons de thé, salles de sport… RON AMIR
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L'arbre de Bisharah et Anwar, 2015. La force des photos de Ron Amir est de ne pas monter les réfugiés, mais de laisser voir leur créativité, leur instinct de survie et leur sensibilité. Comment il préparent à manger, comment ils écoutent de la musique ou prient. Comment la vie quotidienne s’organise dans cette situation de semi-liberté. Simple paysage au premier coup d’œil, ses images deviennent, quand le regard s’y arrête, de véritables témoignages d’un emprisonnement en pleine nature, d’une attente interminable, vers la libération. RON AMIR
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La salle de sport d'Ibarhim Tuayisha, 2015. «On n’y voit en effet ni être humain ni le moindre signe d’incarcération ou de restriction de liberté ou de mouvement. Amir s’abstient de photographier le camp lui-même – ses barrières, ses grilles, ses containers tenant lieu de logements – et ne rend compte que de son environnement extérieur. La présence humaine est pourtant extrêmement palpable dans ces photographies», explique le commissaire de l’exposition, Noam Gal. RON AMIR
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La cuisine de Khamis, 2015. Ron Amir n’est pas qu’un simple photographe documentaire, il vit, s’implique et tisse de véritables liens avec les communautés qu’il rencontre. Engagé socialement, son travail se situe à la frontière entre le manifeste politique et l’art.   RON AMIR
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Stockage, 2015. «Contrastant avec la photographie documentaire ou de presse traditionnelle, les photographies de Ron Amir véhiculent plusieurs messages simultanément. Elles témoignent de la détresse sociale tout en racontant la créativité foisonnante des personnes qui la subissent. Elles sont à la fois un document et une métaphore», précise le MAM. RON AMIR
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Coins repas, 2016. «J’essaie de provoquer un débat à partir des choses que les gens laissent de côté. Peut-être l’art est-il un bon outil pour qu’ils s’intéressent à ceux qui vivent parmi eux», explique l’artiste cité par «Télérama».   RON AMIR
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Mosquée, 2016. Le centre de Holot a définitivement fermé en mars 2018. Selon les autorités israéliennes, 42.000 migrants originaires d'Afrique vivent en Israël. Selon un sondage publié en septembre 2018 par le Pew Research Institute, 57% d’Israéliens seraient opposés à l’accueil des réfugiés venus de pays en guerre dans leur pays.   RON AMIR
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