Emmanuel Macron soutient le processus de paix au Soudan et sa reconstruction économique

De gauche à droite, l\'épouse du Premier ministre soudanais, l\'économiste Muna Abdalla, le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron posent après une réunion au palais présidentiel de l\'Elysée à Paris, le 30 septembre 2019.
De gauche à droite, l'épouse du Premier ministre soudanais, l'économiste Muna Abdalla, le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron posent après une réunion au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 30 septembre 2019. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le président français met en œuvre une politique française en faveur du Soudan et plaide pour le retrait de Khartoum de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme.

Ebauchée par Jean-Yves Le Drian lors de son déplacement à Khartoum le 16 septembre 2019, la politique de la France en direction d’un Soudan en pleine mutation a été officiellement confirmée par Emmanuel Macron en personne. En visite à Paris les 29 et 30 septembre à l'invitation du chef de l'Etat français, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok, en poste depuis un mois au terme d'un accord entre les militaires et la contestation, a pu assister aux funérailles de l'ancien président Jacques Chirac.

Le soutien de la France aux priorités de la transition

Mais surtout, il a été reçu à l'Elysée où Emmanuel Macron lui a exprimé "le soutien de la France aux priorités de la transition dans son pays : appui au processus de paix, à la reconstruction économique du Soudan et à la construction d'un régime civil et démocratique en vue d’élections libres fin 2022".

Concernant l’objectif d’une paix globale dans le pays, le président Macron s’est félicité de l’ouverture d’un dialogue entre le nouveau Premier ministre soudanais et le chef d’un des principaux groupes rebelles au Darfour le 29 septembre à Paris. "Nous avons facilité l'entretien que le Premier ministre Hamdok a eu hier avec Abdel Wahid Nur, qui se trouve dans notre pays", a déclaré le chef de l'Etat français à l'issue de sa rencontre avec le chef du gouvernement de Khartoum. "La décision d'accepter cet entretien, que vous avez souhaité, est une bonne décision et je pense que l'étape franchie hier est une étape essentielle", a-t-il commenté, estimant que "les Soudanais méritent de vivre enfin en paix et en sécurité".

"Nous avons eu des échanges très profonds. Je pensais que ce serait une réunion d'une demi-heure et en fait nous sommes restés ensemble à parler pendant près de 3 heures. Nous avons abordé les racines de la crise soudanaise, les possibilités de solution et avec lui nous allons poser les premières pierres pour cet édifice de la paix", a déclaré de son côté Abdallah Hamdok.

Une aide économique de 60 millions d'euros, dont 15 très rapidement

Pour ce qui est du soutien au redressement économique du pays, Emmanuel Macron a confirmé qu'il allait "évidemment" plaider auprès de Washington pour un retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme. "Ce qui lui permettra de normaliser ses relations avec les institutions financières internationales", a-t-il martelé lors de la conférence de presse conjointe avec Abdallah Hamdok.

Outre la confirmation d’une aide française de 60 millions d’euros – dont 15 millions très rapidement, précise l’AFP  destinée essentiellement aux populations les plus vulnérables, Emmanuel Macron a également annoncé la tenue en France d'"une conférence internationale de mobilisation des bailleurs publics et privés internationaux pour accompagner" le Soudan et la région. "Il n'y aura pas de paix si l'économie ne repart pas et l'économie ne repartira pas s'il n'y a pas la paix", a résumé pour sa part Abdallah Hamdok estimant que retrait du Soudan de la liste noire américaine "est la clef pour résoudre l'ensemble des autres problèmes".

Hamdok exprime sa reconnaissance à Macron

Premier ministre d’un pays sur la liste américaine des Etats terroristes depuis 2003 à l’économie asphyxiée par les sanctions de Washington, Abdallah Hamdok s’est montré reconnaissant à l’égard de la France, "le seul pays qui peut nous rassembler", a-t-il dit citant comme preuve la rencontre organisée avec le chef rebelle Abdel Wahid Nur exilé en France. "Grâce au soutien d'amis comme le président Macron, je pense que nous sommes en train de faire les premiers pas dans la bonne direction vers cette paix", a-t-il dit.

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