Au Soudan, les négociations suspendues

France 24

Après la mort de 6 manifestants lundi à Al-Obeid, les négociations prévues ce mercredi entre les militaires au pouvoir et la contestation civile n'ont pas pu avoir lieu. 

Ils étaient des milliers à battre le pavé, mardi... pour rendre hommage à leurs camarades tués la veille. Sortis pour protester contre la pénurie de pain et de carburants, six manifestants dont cinq lycéens, ont été tués par balle dans la ville d'Al-Obeid. Plus de 60 personnes ont également été blessées dans cette ville du Kordofan-Nord, située à 400 kilomètres de la capitale Khartoum.

Ali et ses camarades sont rendus exprès à la capitale : "Nous manifestons en hommage aux étudiants tués, nous sommes venus de l'est du Nil jusqu'à Khartoum pour faire entendre nos voix et dire que le conseil militaire n'a rien fait, ni pour nous, ni pour ceux qui sont morts." 

A la suite de ce drame, les autorités militaires ont mis en place des couvre-feu dans quatre villes de Kordofan-Nord et ont fermé l'ensemble des établissements scolairesn soudanais "jusqu'à nouvel ordre". De leur côté, les négociateurs de la contestation civile se sont rendus sur les lieux du drame, suspendant de facto les négociations avec les généraux au pouvoir. "Nous ne pouvons pas nous asseoir à la table des négociations avec ceux qui permettent de tuer des révolutionnaires", a ainsi déclaré Siddig Youssef, l'un des meneurs de la contestation.

Abdel Fattah Al-Burhan, chef du conseil militaire au pouvoir, déplore les pertes en vies humaines : "Ce qui s'est passé à Al-Obeid et tout ce qui s'est passé auparavant, ce sont des événements regrettables. Personne n'accepte la mort ou le meurtre d'un Soudanais, et cela pourrait nous pousser à signer un accord le plus tôt possible."

Les partis d'opposition sont divisés sur la marche à suivre. Le Parti communiste soudanais (PCS) appellent à suspendre les négociations alors que le Parti national Umma (NUP) estime au contraire qu'il faut accélérer les négociations sur le transfert du pouvoir et le confier à un gouvernement civil pouvant mettre fin à de tels crimes.

Les négociations doivent permettre de finaliser l'accord du 17 juillet, qui entérine la création d'un Conseil  souverain – composé de cinq militaires et six civils – chargé de mener la transition pendant un peu plus de trois ans. 

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