Somalie : Saïd Abdullahi Deni élu président de l'Etat semi-autonome du Puntland

Un député somalien non identifié quitte un isoloir à Garowe, dans la région semi-autonome du Puntland, en Somalie, le 8 janvier 2014.
Un député somalien non identifié quitte un isoloir à Garowe, dans la région semi-autonome du Puntland, en Somalie, le 8 janvier 2014. (STRINGER / AFP)

Influent homme d'affaires et ancien ministre du gouvernement fédéral, Said Abdullahi Deni, a été élu président de cet Etat du nord de la Somalie. Il a éliminé dès le premier tour le président Ali Gaas, candidat à sa propre succession.

Saïd Abdullahi Deni a été élu pour un mandat de cinq ans à la majorité des 66 membres du Parlement, à l'issue de trois tours de scrutin à bulletin secret dans la capitale régionale Garowe, à 900 km au nord de Mogadiscio. "J'annonce officiellement que Said Abdullahi Deni est le président du Puntland pour les cinq années à venir", a déclaré le président du Parlement, Abdihakin Mohamed Ahmed, à l'issue du décompte des voix.

Ancien ministre de la Planification et de la Coopération internationale dans le gouvernement fédéral en 2014 et candidat à la présidence de la Somalie en 2017, Deni a été choisi parmi les 21 candidats, tous des hommes. L'actuel président, Abdiweli Mohamed Ali Gaas, un ancien Premier ministre à l'échelon fédéral, a été éliminé dès le premier tour.

Lutter contre la corruption généralisée

Le nouvel élu a été préféré par 35 voix contre 31 au général Asad Osman Abdullahi, ancien chef des services de sécurité du Puntland. "C'est le début d'une nouvelle ère pour moi et j'espère que le public me poussera à donner le meilleur de moi-même", a-t-il déclaré après son élection.

Diplômé en économie, Saïd Abdullahi Deni est notamment connu pour avoir créé des écoles privées au Puntland, à un moment où la région manquait cruellement de lieux d'éducation. Lors de sa campagne, il a promis d'améliorer la gouvernance, dénonçant la "corruption généralisée" et "l'absence de toute obligation de rendre des comptes". Il s'est aussi inquiété des carences sécuritaires du Puntland face à la menace islamiste.

Le Parlement du Puntland, dont les membres sont désignés par les notables locaux, est entré en fonction la semaine dernière. Une seule femme figure parmi les 66 parlementaires. La sécurité en ville avait été renforcée et les routes fermées pendant toute la durée de l'élection, mais aucun incident n'a été recensé.

Un Etat miné par les combats entre milices claniques

Le Puntland est l'un des six Etats officiellement fédérés de Somalie. Mais parmi eux se trouve la république autoproclamée du Somaliland (nord), qui s'est déclarée indépendante du reste du pays en 1991 et ne reconnaît pas le gouvernement central.

Comme le reste de la Somalie, à l'exception du Somaliland, le Puntland n'a cessé depuis des décennies de connaître des combats entre milices claniques et a, plus récemment, été frappé par des attentats perpétrés par des militants affiliés à Al-Qaïda ou au groupe Etat islamique.

Une élection similaire avait eu lieu en décembre dans un autre des Etats fédérés, l'Etat du Sud-Ouest (South West State). Abdiaziz Hassan Mohamed, connu sous le surnom de "Lafta Garen", un ancien ministre de l'actuel gouvernement fédéral somalien, avait été élu au premier tour de scrutin.

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