Somalie : Mogadiscio rejette la réélection du président de la province du Jubaland

Ahmed Madobe a été réélu à la tête de l\'Etat semi-autonome du Jubaland en Somalie, le 22 août 2019.
Ahmed Madobe a été réélu à la tête de l'Etat semi-autonome du Jubaland en Somalie, le 22 août 2019. (STRINGER / AFP)

La région semi autonome du sud de la Somalie sort plus que jamais divisée de son épisode électoral. Désormais, le Jubaland compte deux présidents et deux parlements.

Le bras de fer continue entre la province du Jubaland et le pouvoir central de Somalie. La province a un statut semi-autonome. Mais la réélection de son président, Ahmed Madobe, déplaît aux autorités fédérales. Madobe est un ancien seigneur de guerre, qui en 2008 a lutté contre les terroristes shebab avec l’appui du Kenya. A cette époque, les shebab avaient fait du Jubaland une place forte, autour du port de Kismayo.

Mais en 2012, les milices locales, dont celle menée par Ahmed Madobe, chassaient les shebab de la ville. Aujourd’hui, ces derniers conservent encore le contrôle des zones rurales. C’est de là qu’ils dirigent leurs attaques contre le pouvoir de Mogadiscio, mais aussi contre celui de Nairobi.

Sur l’échiquier politique, on a donc le pouvoir autonome, allié au Kenya, qui s’oppose au pouvoir central soutenu par l’Ethiopie. Entre les deux, on trouve les shebab, tout autant ennemis jurés de Mogadiscio que du Kenya, et donc du pouvoir local.

Deux parlements et deux présidents

Mais le Jubaland n’est pas entièrement porté par une volonté d'autonomie. Des rivaux de M. Madobe, soutenus par Mogadiscio, dont la candidature avait été rejetée par la commission électorale, ont mené une élection parallèle. Abdirashid Hidig, un homme politique de renom, membre du Parlement fédéral, est sorti vainqueur de ce scrutin. "Nous sommes l'un des États membres de la Somalie et nous avons besoin du soutien du gouvernement fédéral pour le développement de notre économie, la reconstruction et la sécurité", a déclaré M. Hidig à l’AFP.

Dans le même temps, Mogadiscio rejette l’élection d’Ahmed Madobe. Le scrutin a été reporté à plusieurs reprises. Sa préparation avait été marquée par l’attaque sanglante des shebab sur l’hôtel Medina à Kismayo, le 12 juillet dernier. "Selon plusieurs sources locales", rapporte le Monde, "l’hôtel abritait surtout des hommes d’affaires et des hommes politiques qui étaient en ville pour la préparation de l’élection présidentielle". Bilan: 26 morts et 56 blessés.

Désormais, deux présidents et deux assemblées se disputent le pouvoir. Ce qui laisse présager des lendemains agités.

Vous êtes à nouveau en ligne