Somalie : les Américains ont "très probablement" tué le chef suprême des shebabs

Cette photo du 17 février 2011 montre des combattants shebabs nouvellement entraînés lors d\'un exercice militaire, à 18 km au sud de Mogadiscio, la capitale de la Somalie.
Cette photo du 17 février 2011 montre des combattants shebabs nouvellement entraînés lors d'un exercice militaire, à 18 km au sud de Mogadiscio, la capitale de la Somalie. (FARAH ABDI WARSAMEH / AP / SIPA)

Ahmed Abdi "Godane", alias Abou Zubeyr, figure parmi les dix hommes les plus recherchés pour terrorisme par Washington. Il aurait été tué par une frappe aérienne.

Les Américains ont-ils éliminé le chef des islamistes shebabs de Somalie ? "Très probablement", selon des sources sécuritaires occidentale et somalienne, mercredi 3 septembre. Le chef suprême des islamistes somaliens shebabs, Ahmed Abdi "Godane", aurait été tué par un bombardement aérien américain, lundi soir en Somalie. 

Ahmed Abdi "Godane", alias Abou Zubeyr, figure parmi les dix hommes les plus recherchés pour terrorisme par Washington. Sa tête était mise à prix pour 7 millions de dollars. Issu du clan Issaq du Somaliland (nord, région ayant fait sécession de la Somalie en 1991), ayant étudié au Pakistan, Godane aurait été formé aux armes en Afghanistan. Il est, parmi les shebabs, l'un des partisans les plus radicaux du jihad mondial, s'opposant à ceux qui portent une idéologie nationaliste somalienne, et a rallié le mouvement à Al-Qaïda.

Les shebabs refusent de confirmer

"Il y a de très fortes probabilités qu'il soit mort", mais confirmer son décès "nécessite encore des vérifications sur la zone, ce qui n'est pas simple", a expliqué une source sécuritaire occidentale. Un haut responsable shebab contacté par l'AFP a refusé de confirmer ou démentir la mort de Godane, ligne adoptée par le groupe islamiste depuis lundi. Les shebabs "discutent de la succession de Godane", a affirmé de son côté un haut responsable des services somaliens de sécurité.

S'il était confirmé, son décès serait un coup très dur porté aux shebabs, qui essuient une série ininterrompue de défaites militaires depuis août 2011. Plusieurs chefs historiques du mouvement et successeurs potentiels ont en outre péri ou ont pris leurs distances après de sanglantes luttes internes en 2013, dont Godane était sorti vainqueur.

Une opération éclair et secrète 

L'opération a été menée lundi vers 15 h 20 GMT (17 h 20, heure de Paris) par les forces spéciales américaines, avec "des drones et d'autres aéronefs". Elle visait une réunion de hauts responsables shebabs à laquelle participait Godane, "cible principale", selon le contre-amiral John Kirby, porte-parole du Pentagone.

Plusieurs missiles ont été tirés sur un camp islamiste accueillant la réunion et sur un véhicule à l'intérieur, selon le Pentagone, qui a assuré qu'il n'y a pas eu de troupes américaines au sol "avant, pendant ou après l'opération".

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