Le Kenya compte fermer tous ses camps de réfugiés, à commencer par Dadaab

Un jeune Somalien se tient à côté de l\'abri de sa famille, à Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde, au Kenya.
Un jeune Somalien se tient à côté de l'abri de sa famille, à Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde, au Kenya. (TONY KARUMBA / AFP)

Le gouvernement kenyan veut fermer tous les camps de réfugiés de son territoire. Plus de 640.000 personnes, dont une majorité de Somaliens, sont menacées d'être rapatriées dans leur pays d'origine.


Le 11 mai 2016, le Kenya a déclaré qu'un milliard de shilling kenyans – 8,71 millions d'euros – vont être débloqués pour rapatrier les réfugiés. Le Département chargé des affaires de réfugiés a déjà été dissous. «Le premier pas vers la fermeture permanente des camps», a insisté Karanja Kibicho, haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur kenyan, dans une tribune dans The Standard, l'un des plus grands quotidiens kenyans.

La raison de cette fermeture serait due aux charges qu'imposent les camps, en termes d'économie, de sécurité et d'environnement. «Le Kenya, en prenant en considération ses intérêts de sécurité nationale, a décidé la fin de l'accueil de réfugiés», a souligné le gouvernement le 6 mai. Joseph Nkaissery, le secrétaire du cabinet du ministre de l'Intérieur, a précisé le 11 mai, lors d'une conférence de presse à Nairobi que les camps cacheraient des terroristes. «La Somalie est maintenant sans danger et prête à accueillir son peuple», a-t-il justifié.

Dadaab et la menace shebab
Le Kenya vit sous la menace des attaques des shebabs, groupe terroriste originaire de Somalie. La fermeture des camps viserait donc à réduire cette menace. Pour le gouvernement kenyan, celui de Dadaab notamment serait la base arrière des shebabs.

Situé, à une centaine de kilomètres de la frontières avec la Somalie, ce camp de réfugiés est le plus grand du monde. Il abrite plus de 350.000 personnes, dont une large majorité de Somaliens (95%), selon le dernier recensement du Haut commissariat aux réfugiés. Déjà le 14 avril 2016, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine déplorait dans un communiqué que «Dadaab a été privé de son caractère et de sa fonction humanitaire par le groupe terrorite al-Shabaab».

«Il ne faut pas prétendre que parce que Dadaab n'a pas été attaqué, parce que Karissa a été attaqué ainsi que Nairobi et Mombasa, que cet endroit est sûr. Non, ceci est le terreau. C'est le terrain d'entraînement de tout ce qui est engagé pour abattre les Kenyans à Nairobi», déclarait Albert Kimathi, haut fonctionnaire de la région de Dadaab, à l'AFP le 13 mai 2015.


En annonçant la fermeture de ses camps, le Kenya a aussi prévenu qu'il n'accepterait plus aucun réfugié venu de Somalie. Les Nations Unies et des organisations pour les droits de l'Homme, comme Amnesty international, ont exhorté le Kenya d'annuler sa décision. 


Le pays avait déjà annoncé la fermeture de ses camps de réfugiés en 2015, mais avait par la suite reculé sous la pression internationale.
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