Internet «hors la loi» pour les shebabs somaliens

Photo d\'un islamiste, parue sur internet le 7 février 2013.
Photo d'un islamiste, parue sur internet le 7 février 2013. (AFP/Tony Karumba)

Début janvier, les insurgés islamistes somaliens bannissent l'usage d'internet dans les zones du pays qu'ils contrôlent. Et les shebabs préviennent : toute compagnie ou individu qui outrepassera cet ordre sera «considéré comme travaillant pour l'ennemi et traité conformément à la charia».

«Toutes les compagnies de communication qui fournissent des services internet par téléphone ou câble optique ont 15 jours pour arrêter leur service.» C'est par ce communiqué sans appel que les insurgés somaliens ont annoncé début 2014 leur mainmise sur la toile. Après l'interdiction de regarder des films, des matches de football ou de fumer, ils s'attaquent au cyber espace responsable, selon eux, de véhiculer une idéologie occidentale.

La Somalie connaît une guerre civile depuis 20 ans et les shebabs sont encore une pierre d'achoppement à un éventuel retour de la paix. Même s'ils perdent petit à petit leurs bastions sous la pression d'une force de l'Union africaine, les shebabs sont encore très puissants dans les zones rurales. 

Depuis l'arrivée de la 3G, l'utilisation d'internet via le portable est très prisée et très utilisée en Somalie. Pour les étudiants, l'accès aux cours est devenu très compliqué depuis cette interdiction ainsi que l'explique Abdisamad Abukar : «Depuis qu'internet est interdit, je suis face à d'énormes difficultés. Je suis obligé d'aller dans les cyber cafés où il y a la wifi pour pouvoir aller sur le site internet de l'université et récupérer les cours. Je suis triste que la 3G soit coupée.»

Avec la menace idéologique, les shebabs craignent aussi que la 3G ne permette aux services secrets occidentaux de les pister. Tous les bastions tenus par les shebabs n'ont plus d'accès à internet. Face à cette situtation, le gouvernement somalien est impuissant. Pour le député Mohammed Omar Dahla, «si l'interdiction est appliquée dans la ville, ce sera un véritable échec pour le gouvernement». Le blocage de la 3G touche en priorité les journalistes, les étudiants et les entreprises.

Ironie de cette situation, les shebabs ont longtemps utilisé la toile pour communiquer et notamment twitter pour revendiquer leurs attentats. 
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