Washington envisage de retirer ses troupes d'Afrique de l'Ouest

Le ministre américain de la Défense Mark Esper (à gauche) et le général Mark Milley entendus par une commission de la Chambre des représentants, à Washington, le 11 décembre 2019.
Le ministre américain de la Défense Mark Esper (à gauche) et le général Mark Milley entendus par une commission de la Chambre des représentants, à Washington, le 11 décembre 2019. (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Le ministre américain de la Défense Mark Esper réfléchit à une réduction de la présence militaire américaine en Afrique, dans le cadre d'un plan visant à redéployer quelque 200 000 soldats postés à l'étranger, rapporte le "New York Times".

Les Etats-Unis envisagent une réduction importante des troupes américaines en Afrique de l’Ouest, rapporte le New York Times. Le ministre de la Défense Mark Esper veut revoir le dispositif américain à travers le monde en se désengageant de ses missions de contreterrorisme pour mieux se focaliser sur ses deux priorités, la Chine et la Russie.

La première étape de cette réduction des opérations extérieures concernerait l'Afrique, où les Etats-Unis comptent entre 6 000 et 7 000 soldats au Niger, au Tchad et au Mali, mais aussi à l'est du continent. En Somalie, environ 500 soldats des opérations spéciales combattent al-Shabab, un groupe terroriste lié à al-Qaïda.

Les responsables américains déclarent que la refonte des déploiements en Afrique sera suivie par une autre en Amérique latine et que des retraits auront lieu en Irak et en Afghanistan, comme prévu.

La mission principale des troupes américaines a été de former et d'aider les forces de sécurité ouest-africaines à essayer de réprimer les groupes islamistes comme Boko Haram et les ramifications d'al-Qaïda et du groupe Etat islamique. Dans le cadre de cette mission, quatre soldats américains ont été tués il y a deux ans lors d'une patrouille au Niger.

L'équipe de M. Esper estime qu'aucun des groupes terroristes opérant en Afrique de l'Ouest "ne représente une menace direct sur le sol des Etats-Unis".

Un coup dur pour les forces françaises

Un retrait américain d'Afrique de l'Ouest constituerait un coup dur pour les forces françaises qui combattent des groupes jihadistes au Mali, au Niger et au Burkina Faso, relève le New York Times.

La France compte sur le renseignement américain, le soutien logistique et le ravitaillement en vol, pour un coût d'environ 45 millions de dollars par an pour le Pentagone. Les militaires francais engagés dans l'opération Barkhane se sont récemment équipés de drones Reaper capables de frapper au sol, fabriqués aux Etats-Unis.

Les Français et les pays du Sahel font face actuellement à une flambée de violences jihadistes qui s'est traduite par la mort de 71 soldats nigériens lors de l'attaque du camp d'Inates, le 10 décembre. Quelques jours plus tôt, 13 soldats français avaient trouvé la mort dans un accident d'hélicoptères au Mali, dans une zone de combats.

Le président Donald Trump avait promis lors de sa campagne électorale de 2016 de mettre un terme aux "guerres sans fin". Il a déjà annoncé une réduction significative du nombre de soldats américains déployés en Syrie et compte en faire de même en Afghanistan, où les Etats-Unis sont engagés militairement depuis près de 20 ans.

Selon le quotidien new-yorkais, M. Esper a donné au Commandement de l'Afrique jusqu'en janvier 2020 pour rédiger un plan de retrait, ainsi qu'un plan de redéploiement des troupes.

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