Une femme en prison pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel en Egypte

\"Il est impossible de faire taire la femme\" affirme en arabe cette banderole brandie lors d\'une campagne contre le harcèlement sexuel au Caire, en juin 2014.
"Il est impossible de faire taire la femme" affirme en arabe cette banderole brandie lors d'une campagne contre le harcèlement sexuel au Caire, en juin 2014. (AHMED ISMAIL / ANADOLU AGENCY)

Amal Fathy, militante des droits humains, a été condamnée en appel, le 30 décembre 2018, à deux ans de prison ferme pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel dont sont victimes les Egyptiennes.

Amal Fathy, 34 ans, a déjà passé sept mois derrière les barreaux pour diffusion de "fausses informations". La militante des droits humains, mère d’un enfant de trois ans, avait été arrêtée chez elle, en pleine nuit, après la publication d’une vidéo critique sur Facebook.

Elle y dénonçait les manquements de l’Etat à l’égard des droits fondamentaux et son inaction face au fléau du harcèlement sexuel.

Une condamnation sans sursis


Après une longue détention provisoire, Amal Fathy, a été officiellement condamnée en septembre dernier à deux ans de prison avec sursis et une amende de 10 000 livres égyptiennes ( près de 490 euros) . La militante des droits de l’homme fait appel mais la justice confirme alors le verdict et le transforme en prison ferme.

Ma femme est prise en otage, le régime a atteint encore un degré supplémentaire dans la bassesse et l’intimidation en s’en prenant à la famille des militants.Mohamed Lotfy, défenseur des droits de l'hommeLa Croix, mai 2018

Un message à son mari ?

Amal Fathy, ancienne actrice et mannequin, est aussi l’épouse de Mohamed Lotfy, un activiste réputé des droits de l’homme, comme le rappelait le journal La Croix après leur arrestation en mai dernier.

De nationalités suisse et égyptienne, Mohamed Lotfy dirige au Caire la Commission égyptienne des droits et libertés, recensant notamment les disparitions forcées. Son organisation "suit d’autres affaires sensibles comme celles de Giulio Regeni" précise La Croix.


Les services de sécurité égyptiens sont soupçonnés d’avoir torturé et assassiné l’étudiant italien disparu le 25 janvier 2016 au Caire.

Les ONG égyptiennes et internationales accusent régulièrement l'Egypte d'utiliser la lutte antiterroriste pour réprimer les voix dissidentes.

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