Plus de 90% des migrants africains en Europe prêts à refaire le voyage, selon le PNUD

Un groupe de migrants arrive à bord d\'un navire des gardes-côtes espagnols, le 22 octobre 2016, dans le port de Malaga, dans le sud de l\'Espagne. 
Un groupe de migrants arrive à bord d'un navire des gardes-côtes espagnols, le 22 octobre 2016, dans le port de Malaga, dans le sud de l'Espagne.  (JORGE GUERRERO / AFP)

Le rapport publié le 21 octobre 2019 se base sur les témoignages de centaines de migrants arrivés sur le Vieux continent de manière irrégulière.

Pour tenter de comprendre pourquoi les migrants "confient leur vie" à des passeurs pour franchir les frontières, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a interviewé 1970 personnes venues de 39 pays africains et arrivées en Europe par des moyens irréguliers. Répartis dans 13 pays européens, tous parlent de "l'absence de choix".

Des "travailleurs" pas assez payés

Le rapport, intitulé Escalader les clôtures : paroles de migrants africains irréguliers en Europe, souligne que les migrants interrogés disent avoir quitté leur pays pour des raisons économiques et non pour demander l’asile ou la protection. Selon l’étude, tous les migrants qui viennent en Europe ne sont pas pas "pauvres" en Afrique et ont un niveau d’éducation plus élevé que leurs compatriotes restés au pays. Plus d’un sur deux avait un emploi stable avant son départ, mais ne gagnait pas suffisamment.  

J'ai une petite fille. Les gens peuvent se demander quel genre de père je suis de laisser ma femme et ma fille en bas âge. Mais quel genre de père serais-je si je restais et ne pouvais pas leur offrir une vie décente ?Yerima*, migrant africaindans le rapport des Nations unies pour le développement

La "honte" de ne pas envoyer assez d’argent

Le rapport du PNUD souligne que pour un grand nombre de jeunes, le manque d’opportunités est un déclencheur important de départ. Ils viennent en Europe en "mission" pour pouvoir venir en aide à la famille qui reste au pays. Environ 53% des migrants africains ont reçu un soutien financier de la part de leur famille ou de leurs amis et, une fois en Europe, près de 80% d’entre eux envoient de l’argent à leurs proches. Le plus dur pour eux est ne pas réussir à envoyer l’aide attendue.

Tout cela c’était pour gagner de l'argent. Je pense à ma mère et à mon père. Ma grande sœur. Ma petite sœur. Pour les aider. C'était la pression qui pesait sur moi. C’est pourquoi je suis venu en EuropeDrissa*, migrant africain dans le rapport des Nations unies pour le développement

L’espoir du retour

Et si la plupart des migrants sont venus en Europe pour assurer une vie meilleure à leurs familles, tous rêvent de retourner un jour au pays pour vivre auprès des leurs. Le rapport souligne que les migrations sont une répercussion des progrès de développement en Afrique, parce que ces progrès sont inégaux et pas assez rapides pour répondre aux aspirations des jeunes, notamment.

Dans cinq ans, je me vois dans mon pays d’origine. Depuis cinq bonnes années, ma famille ne m’a pas vu. Donc, un jour viendra où nous nous verrons. Et quand je rentrerai dans mon pays d’origine, je ne pense pas que je reviendraiMahamadou*, migrant africaindans le rapport des Nations unies pour le développement

Dans son rapport, le PNUD lance un appel à "continuer à élargir les possibilités et les choix en Afrique"  tout en renforçant les possibilités de passer d’une migration "non régulée" à une migration "régulée", conformément au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

*Les prénoms ont été changés

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