Madagascar modernise les services d’état civil pour pouvoir recenser la population

Des enfants malgaches attendent devant un bureau du gouvernement local à Ankazonborona, à environ 440 km à l\'est d\'Antananarivo, le 24 septembre 2004, en attendant d\'obtenir un certificat de naissance.
Des enfants malgaches attendent devant un bureau du gouvernement local à Ankazonborona, à environ 440 km à l'est d'Antananarivo, le 24 septembre 2004, en attendant d'obtenir un certificat de naissance. (PATRICK MERCIER / AFP)

Toutes les communes de la Grande Ile sont concernées par la réforme numérique.

Déclarations de naissance, de mariage ou de décès… doivent figurer sur les registres d’état civil. Un système défaillant à Madagascar, où ils sont souvent abîmés quand ils ne sont pas détruits. Une réforme doit permettre à chacune des 1 596 communes de la Grande Ile d’être équipée d’un système informatique pour dématérialiser l’état civil. Son objectif est de "recenser tous les Malgaches et doter chaque enfant malgache d’un acte de naissance, et tout individu majeur d’une carte d’identité nationale", indique un communiqué du conseil des ministres publié le 12 février, annonce la Tribune de Madagascar

Les moins aisés sont les plus pénalisés

Le site précise que de nombreux enfants n’ont "pas d’acte d’état civil à leur naissance, même dans la capitale (…). Selon la statistique nationale de 2016, 25%, soit environ 2,5 millions d’enfants malgaches de moins de 18 ans ne disposent pas d’acte de naissance." En cause notamment, des parents ignorants de l'importance de cet acte ou dans l'incapacité de se rendre dans des services très éloignés de leur domicile en zone rurale.

"Un enfant qui n’a pas de copie ne peut pas se porter candidat aux examens officiels. La situation est encore pire pour un adulte", déplore sur le site Midi Madagasikara Nantenaina, un artiste malgache sensibilisé à cette question

Un homme ou une femme dépourvu d’existence légale aura du mal à trouver un travail décentNantenainaà Midi Madagasikara

Ces invisibles n'ont pas non plus accès aux services de santé, ils ne peuvent pas ouvrir de compte bancaire ni voter.

Cette réforme de l'administration devrait par ailleurs permettre d’éviter la multiplication de faux actes de naissance, problématique dans le pays.

Un chantier ambitieux

Lancée par le président Andry Rajoelina, elle prévoit une dotation de matériel informatique aux communes pour une valeur de 684 000 dollars (financés par la Banque mondiale). Et s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du 16e Objectif de développement durable adopté par les Nations unies, qui prévoit de "garantir à tous une identité juridique, notamment grâce à l’enregistrement des naissances" à l’horizon 2030.

Ce chantier ambitieux, enjeu de développement, ne pourra pas faire l’impasse sur le renforcement des capacités professionnelles des agents de l’Etat, avec des formations notamment, ni sur l’interconnexion entre les mairies.

Vous êtes à nouveau en ligne