Les producteurs de thé kényans doivent atteindre le haut de gamme ou disparaître

Récolte de thé dans une plantation du comté de Nyeri à 160 km de la capitale du Kenya, Nairobi.
Récolte de thé dans une plantation du comté de Nyeri à 160 km de la capitale du Kenya, Nairobi. (TONY KARUMBA / AFP)

Le pays, spécialisé dans le thé noir industriel, subit la surproduction mondiale et voit les cours s'effondrer.

Le Kenya serait, selon les sources, le premier fournisseur mondial de thé noir, quand d’autres le mettent au troisième rang derrière la Chine et l’Inde. Quoi qu’il en soit, le pays doit diversifier sa production afin de répondre à une évolution de la demande.

Car le Kenya fournit essentiellement un thé très basique, conditionné en sachet. Il est fabriqué selon une méthode dite CTC, pour les termes anglais crush, tear, curl (écraser, déchirer, courber). Une méthode qui permet de mélanger des qualités variables de thé et de faire peu de déchets.

Le CTC a fait la fortune de certains producteurs kenyans mais, aujourd’hui, il ne correspond plus à la demande du marché. Conséquence, les prix de ce thé se sont effondrés. Une chute de 20% pour la récolte 2018/2019.

La surproduction de thé noir est également un élément du problème. Le Kenya en a produit 493 000 tonnes en 2018, un record national dans un contexte de baisse de la demande.

Enfin, il y a trop peu d’acheteurs. Quatre marchés absorbent 70% de la production.

Une catastrophe pour le pays

Le thé est devenu un pilier de l’économie kenyane. Un habitant sur dix dépend de son industrie. Pourtant, il a fallu attendre l’indépendance en 1960 pour voir apparaître cette production, jusqu’alors interdite par la loi du colonisateur.

Aujourd’hui, l’Agence kenyane de développement du thé (KTDA) regroupe 600 000 petits exploitants et gère 68 usines de traitement du thé. Aussi pour survivre, il leur faut adapter la production au haut de gamme. Utiliser la méthode dite "orthodoxe" en lieu et place de la CTC.

Dix usines travaillent désormais avec cette méthode. Plus respectueuse de la plante, la feuille y est pliée et jamais broyée. Une différence qui se retrouve dans le prix de vente. Le thé de base CTC tournant autour de 1,5 euro le kg contre cent fois plus pour du haut de gamme, souvent chinois. On comprend que les producteurs kenyans veuillent absolument prendre le virage.

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