Les criquets pèlerins arrivent en RDC et menacent d’autres pays d’Afrique centrale

Des criquets pèlerins dans la région de Kyuso au Kenya, le 18 février 2020. 
Des criquets pèlerins dans la région de Kyuso au Kenya, le 18 février 2020.  (BAZ RATNER / Reuters)

C’est la première fois depuis plus de 75 ans que les bestioles ravageuses sont vues dans l’est de la République démocratique du Congo.

Pendant que l’ONU se mobilise pour lutter contre l’invasion des criquets pèlerins en Afrique de l’Est, les insectes poursuivent leur assaut et mettent en danger une autre région du continent. On pourrait les appeler : sauterelles sans frontières. Poussés par le vent, des milliers de criquets pèlerins sont arrivés dans l’est de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda voisin et survolent la province de l’Ituri en RDC. Une menace de plus pour cette immense région déjà touchée par de violents conflits et une épidémie d’EbolaLes premiers envahisseurs se comptent par milliers, mais leur mobilité et leur capacité de nuisance inquiètent l’ONU.

Des proportions "bibliques"

C’est d’abord l’ampleur du fléau qui impressionne les Nations unies. Depuis la première apparition des criquets pèlerins fin décembre 2019 en Somalie, les essaims se sont déplacés très vite sur de grandes distances. lls migrent avec le vent et peuvent parcourir de 100 à 150 kilomètres en une journée. Si le criquet pèlerin est inoffensif et discret en solitaire, il se métamorphose quand il est en groupe et peut alors devenir vorace. En quelques semaines, les insectes ont envahi l’ensemble de l’Afrique de l’Est, provoquant des dégâts considérables. L'ONU parle d'"un fléau aux proportions bibliques"

Deux essaims massifs ont atterri dans notre région et ont détruit toute ma récolte de maïsAwuno Menka, agriculteur à Dereba, dans le sud-ouest de l'Ethiopie

Une course contre la montre

En plus de leur effet dévastateur, les criquets pèlerins, qui ne vivent que trois mois, se reproduisent assez rapidement. Une femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs et des larves sont déjà en train d’éclore dans de vastes régions de l’Ethiopie, du Kenya et de la Somalie. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) souhaite agir vite, c’est-à-dire avant l’arrivée d’une nouvelle vague de criquets qui pourrait ravager les prochaines récoltes de juin prochain.

Dans quelques semaines seulement, la prochaine génération de ravageurs passera du stade juvénile au stade adulte avec des ailes, et reprendra son activité frénétique d'essaims destructeursFAO

Si le phénomène n’est pas contrôlé, la population de criquets pourrait se multiplier par 500 d’ici à juin prochain, souligne l'ONU qui rappelle que 138 millions de dollars sont nécessaires pour répondre à ce fléau et éviter une "menace majeure de la faim" dans une région où des millions de personnes se trouvent déjà dans une situation précaire. La Fondation américaine Bill et Melinda Gates, très investie en Afrique, a fait un don de dix millions de dollars, mais les Nations unies sont encore très loin du compte pour lutter contre la résurgence du criquet pèlerin. 

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