L’ENA forme également une partie des élites africaines

Etudiants japonais, polonais et congolais lors d\'un séminaire de l\'Ecole Nationale d\'Administration.
Etudiants japonais, polonais et congolais lors d'un séminaire de l'Ecole Nationale d'Administration. (PATRICK HERTZOG / AFP)

L’Ecole Nationale d’Administration, que le président français envisagerait de supprimer, forme de nombreux fonctionnaires étrangers. Très ouverte à l'international, elle a vu passer plusieurs futurs ministres et présidents africains. Aujourd'hui accusée de reproduire les élites françaises à l'identique, elle est aussi un élément du rayonnement diplomatique de la France.

Le président Emmanuel Macron pourrait supprimer l’ENA afin de renouveler la formation des élites françaises et d'en diversifier l'origine sociale. Mais la grande école ne forme pas seulement de hauts cadres de l'administration française, elle a vu passer dans ses locaux de Paris et Strasbourg 3500 élèves étrangers, sans parler des cycles courts, allant jusqu'à 16 mois. Elle reçoit traditionnellement un grand nombre d’étudiants francophones venus du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, principalement du Maroc, Tunisie, Cameroun, Madagascar, Sénégal, Mauritanie et Gabon…

L'ENA forme de nombreux fonctionnaires étrangers

On retrouve les élèves de cette prestigieuse école dans les administrations publiques, les cabinets, les ministères, les ambassades… de toute l’Afrique. Au Sénégal, le poste de Secrétaire général de la présidence est par exemple la chasse gardée des sortants de l'ENA.

Depuis sa création, l'école a formé près de 4000 élèves étrangers en cycle long. Il existe aussi des formations plus courtes (11 à 16 mois) ouvertes aux hauts fonctionnaires étrangers âgés de 30 à 50 ans ayant déjà une expérience solide, qui souhaitent progresser dans leur carrière.  Leur sélection est faite en coordination avec les ambassades de France du monde entier sur la base d’un écrit de culture générale, d’une rédaction sur un thème d’actualité puis d’un un oral. La sélection se poursuit à l’écrit et à l’oral en France.

L’ENA avait déjà repris en 2002 les missions de coopération de l’Institut international d’administration publique (ancien Institut des hautes études d'outre-Mer) qui formait depuis plusieurs décennies la haute administration dans les anciennes colonies, tout particulièrement les cadres de l'Afrique francophone. La loi cadre du 23 juin 1956 ayant posé le principe de l'africanisation des cadres de l'administration d'outre-Mer, les promotions 1956,1957 et 1958 comptèrent même autant d'Africains que de métropolitains.

En 2002, l'Institut de formation des haut cadres africains est intégré à l'ENA

Les candidats retenus, souvent juristes ou économistes, ont derrière eux un solide parcours dans leurs administrations respectives. Ils se retrouvent en formation ou en stage avec des étudiants venus d’Europe, d’Asie, ou d’Amérique latine. Une ouverture internationale qui permet de tisser des liens avec la France et le monde entier. C’est ainsi qu’avec l’ENA, la France exerce un puissant soft power.

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