Le Premier ministre éthiopien veut faire de l'ancien palais d'Addis-Abeba un site touristique

Soutenu par les Emirats arabes unis, ce projet initié par Abiy Ahmed a coûté plus de 160 millions de dollars (145 millions d'euros). Rénové, le palais a été officiellement inauguré le 10 octobre 2019.

A la tête du gouvernement depuis avril 2018, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé un programme de trois ans pour améliorer l'image d'Addis-Abeba. La transformation de l'ancien Palais des empereurs en un parc touristique, l'Unity Park, en fait partie. Ce projet d'envergure s'inscrit dans une politique de promotion du tourisme. Et veut devenir un symbole pour la réconciliation du peuple éthiopien, car le pays reste le théâtre de divisions ethniques.

Le journaliste Robbie Corey-Boulet et le photographe Michael Tewelde de l'AFP se sont rendus sur les lieux. 10 photos d'Unity Park illustrent ce propos.

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L'ancien palais d'Addis-Abeba, construit en 1886 par Menelik II, fondateur de la capitale, fut la demeure des empereurs d'Ethiopie pendant plus d'un siècle. Il a aussi servi de lieu de torture sous le régime communiste de Mengistu Hailé Mariam (1974-1991). MICHAEL TEWELDE / AFP
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Le Premier ministre Abiy Ahmed, qui n'a jamais vécu dans ce lieu laissé plus ou moins à l'abandon depuis plusieurs années, a dès son arrivée au pouvoir en 2018 voulu redonner couleurs et grandeur à cet édifice. Comme l'indiquent ses conseillers, il s'est rendu tous les jours sur les lieux pour surveiller l'avancée des travaux, dans les dernières semaines avant son ouverture officielle au public. MICHAEL TEWELDE / AFP
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Les pièces du palais présentent des objets tels que l'épée de Menelik II et une réplique en cire, grandeur nature, de l'ancien empereur Hailé Sélassié. Ce dernier vivait au palais et y fut détenu quand il a été renversé en 1974 par le Gouvernement militaire provisoire de l'Ethiopie socialiste. MICHAEL TEWELDE / AFP
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Le site comprend également un jardin de sculptures avec des installations représentant les neuf régions éthiopiennes. Et un zoo devrait ouvrir ses portes d'ici à la fin de l'année. MICHAEL TEWELDE / AFP
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En 2015, l'Ethiopie a été élue meilleure destination par le Conseil européen sur le Tourisme et le Commerce (CETT). Le programme du gouvernement intitulé "Réforme économique locale" et dévoilé en septembre  2019, décrit le tourisme comme le principal moteur de création d'emplois. Le tourisme peut grandement contribuer à la croissance économique qui progresse de 10% par an depuis une dizaine d’années. MICHAEL TEWELDE / AFP
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Aklilu Fikresilassie, un employé éthiopien des Nations unies, a déclaré qu'il était "vraiment fasciné" de pénétrer dans un lieu très longtemps fermé au public. "Pour nous, c'est comme une maison de gouvernement. Alors entrer dans ce palais nous indique que nous nous rapprochons d'une manière ou d'une autre de nos dirigeants", a-t-il ajouté à l'AFP. MICHAEL TEWELDE / AFP
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Le gouvernement veut que cet endroit symbolise aussi la capacité du peuple à se rassembler. Mais tout le monde n'est pas convaincu que le palais réussira à réunir les ethnies d'Ethiopie en proie à des violences intercommunautaires. MICHAEL TEWELDE / AFP
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Des voix opposées à ce projet se sont élevées craignant qu'il ne soit une source de division et non d'unité. Certains pensent que la mise en valeur de ce palais va contrarier les Oromos qui prétendent que leurs ancêtres ont été forcés de quitter leurs terres à cause de la construction d'Addis-Abeba. MICHAEL TEWELDE / AFP
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Par ailleurs, certains ont qualifié cet Unity Park de prétentieux, à la seule gloire d'Abiy Ahmed. Le journaliste et ancien prisonnier politique Eskinder Nega a déclaré que les travaux de rénovation avaient été entrepris "sans consultation publique". Il a qualifié cela de "grave erreur". MICHAEL TEWELDE / AFP
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"Tout est une question de patrimoine, de préservation du patrimoine. Les gens auraient dû avoir leur mot à dire. Comme tout le reste, cela a été décidé par le haut et mis en œuvre uniquement par décision du Premier ministre", a conclu Eskinder Nega. Le Premier ministre Abiy Ahmed a été récompensé en octobre 2019 par le centième prix Nobel de la paix, pour "son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier" avec son pays voisin l'Erythrée. MICHAEL TEWELDE / AFP
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