Le coronavirus touche durement la vie des Peuls du Sénégal

Pour éviter la propagation du virus, le gouvernement sénégalais a interdit tout déplacement aux éleveurs Peuls.

Bloqués dans la région aride de Louga, au Sahel, depuis l'apparition de la pandémie de coronavirus, les éleveurs peuls n’ont plus le droit de se déplacer pour trouver de l'eau et de nouveaux pâturages pour leur bétail. Tous attendent avec impatience la levée des interdictions gouvernementales pour reprendre la transhumance.

12 photos de John Wessels illustrent ce propos.

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Habituellement à la saison sèche dans les régions semi-désertiques du nord du Sénégal, les hommes se déplacent vers le Sud, à la recherche de végétation et d’un peu d’eau pour leur bétail. Puis à l’arrivée de la saison des pluies, ils remontent vers le Nord. Mais cette année, la transhumance a été empêchée à cause du coronavirus et des mesures sanitaires prises par le gouvernement.      JOHN WESSELS / AFP
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Ces restrictions de déplacement imposées par les autorités ont coïncidé avec la période la plus pénible de la saison sèche. Déjà affectés depuis déjà plusieurs années par le déficit pluviométrique imputé au changement climatique, les Peuls immobilisés dans la région de Louga, vaste plaine désertique et aride parsemée d'acacias squelettiques, ont dû faire face à des difficultés supplémentaires.    JOHN WESSELS / AFP
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Dans le village de Mbetiou Peulh, les bêtes n’ont le droit de s’abreuver au puits qu’une seule fois par jour. "D'ici dix jours, je veux transhumer. Il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de pâturage. Maintenant, j'ai peur, parce car il n'y a rien ici", se lamente le propriétaire d’un troupeau de 100 têtes.    JOHN WESSELS / AFP
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Adid, une ONG locale, estime à des dizaines de milliers le nombre d'éleveurs qui ont vu se restreindre leur espace vital déjà inhospitalier. "Les éleveurs pastoraux font partie de la couche la plus impactée par la crise, ils sont extrêmement vulnérables", déclare un responsable local.    JOHN WESSELS / AFP
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En plus de l’interdiction de déplacement, les autorités sénégalaises ont ordonné la fermeture des "loumas", ces marchés hebdomadaires qui attirent les négociants de toute la région. C’est ici que les Peuls vendent habituellement leur cheptel et obtiennent leur principale source de revenus. La saison sèche est toujours éprouvante, dit un inspecteur vétérinaire au ministère de l'Elevage, mais la fermeture des "loumas" et les limitations de mouvements ont été "très, très, très difficiles" pour les bergers et les éleveurs peuls, poursuit-il.   JOHN WESSELS / AFP
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Les autorités ont permis aux Peuls de vendre quelques têtes de bétail et ont distribué de la nourriture pour les bêtes. Mais cela ne suffit pas. Certains bergers et éleveurs essayent d'acheter et de vendre leurs animaux et de remplir leurs réservoirs d'eau sur des marchés non officiels, comme à Barkedji.      JOHN WESSELS / AFP
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Les prix auxquels les éleveurs vendent habituellement la viande ont chuté, car les acheteurs profitent de la situation pour tirer les tarifs vers le bas, selon des responsables locaux. Une bête qui se négociait à 75 000 francs CFA (115 euros) part pour 35 000 (53 euros), dit la conseillère municipale de Barkedji.    JOHN WESSELS / AFP
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Des éleveurs peuls venus de Mbetiou Peulh vendent des bêtes de très bonne qualité, qu’ordinairement ils garderaient pour eux car le besoin d’argent pour se déplacer vers les terres pastorales de meilleures qualités du Sud les y oblige.    JOHN WESSELS / AFP
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  En dernier ressort, de nombreux Peuls se tournent vers le Ranch de Dolly, un territoire de 87,5 hectares réservé aux activités pastorales depuis 1969. Là, à la saison sèche, la végétation subsiste plus longtemps.        JOHN WESSELS / AFP
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Les éleveurs accèdent gratuitement au Ranch de Dolly. Ils peuvent venir s’y reposer un peu avant de repartir vers le Nord dès les premières pluies. Ils y font paître leur bétail en période d'abondance.    JOHN WESSELS / AFP
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Les Peuls campent dans des huttes au milieu de leurs animaux. "Le coronavirus est venu simplement accentuer une situation drastique qui était déjà là", dit un vétérinaire du gouvernement établi sur place. Mais les éleveurs sont bel et bien venus plus nombreux cette année, précise-t-il à l’AFP.    JOHN WESSELS / AFP
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Devant des centaines de bovins aux cornes en forme de lyre, un éleveur se rappelle une époque où le fourrage était plus riche et le lait comme la viande meilleurs. Il a marché 250 km pour atteindre le ranch. "Dolly est un point de refuge pour nous", dit-il. Mais quand on lui demande ce que peuvent faire les éleveurs, il répond que prier est le seul recours.      JOHN WESSELS / AFP
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