La vogue des tests ADN aux Etats-Unis alimente le tourisme des origines vers le continent africain

\"Statue de l\'émancipation\" sur l\'île de Gorée, haut-lieu de la mémoire de l\'esclavage. C\'est de cette île, située au large de Dakar, que partaient un grand nombre de bateaux négriers vers le continent américain. Photo prise le 28 février 2018.
"Statue de l'émancipation" sur l'île de Gorée, haut-lieu de la mémoire de l'esclavage. C'est de cette île, située au large de Dakar, que partaient un grand nombre de bateaux négriers vers le continent américain. Photo prise le 28 février 2018. (HALIL SAGIRKAYA / ANADOLU AGENCY)

On connaissait le tourisme mémoriel vers les sites historiques de la traite négrière : île de Gorée au Sénégal, Ouidah au Bénin. Aujourd’hui apparaît un nouveau tourisme lié à la quête des origines, porté par la vogue des tests ADN aux Etats-Unis. 

L’Afrique de l'Ouest et centrale enregistre une hausse du tourisme mémoriel lié au désir de retrouver ses racines. Un "retour au pays natal" rendu possible par la nouvelle vogue des tests ADN.

Aux Etats-Unis, les Afro-Américains sont nombreux à faire ces tests pour localiser leurs racines africaines. Après analyse d'un peu de salive en laboratoire, on peut découvrir par exemple que l'on a 50% d'ADN du Cameroun, 30% du Congo et 20% d'origine européenne. 

La méthode est simple: une analyse permet d'établir la carte d'identité génétique du demandeur. Celle-ci est ensuite comparée à une banque de données constituée grâce aux ossements d'esclaves morts aux Etats-unis et issus de différentes ethnies du continent. Des correspondances sont ensuite recherchées avec une faible marge d'erreur.

Avec 400 dollars, et quelques semaines d'attente, chacun peut connaître les origines de ses ancêtres : 70% yoruba, 20% bamiléké et 10% ibo. Il est surtout possible d’établir des liens de parenté et retrouver des cousins lointains. Certaines familles ont eu la belle suprise de retrouver de la famille éloignée, "séparée depuis quatre siècles".

Retrouvez votre cousine ADN

Un grand nombre d’afro-américains découvrent à cette occasion leurs cousins perdus et leur "origine camerounaise ou congolaise".

Les historiens de l'esclavage le savent depuis longtemps. L’ancien port négrier de Bimbia, au Cameroun, était au cœur de la traite négrière entre le XVI et le XIXe siècle. Environ 10% des esclaves africains seraient partis de ce port, soit plus que de l’île de Gorée au Sénégal.

Le royaume de Loango, dans le sud du Congo, dont les vestiges sont visibles à Diosso (Kouilou), était également au cœur de la traite négrière.

Même s'ils expriment souvent les origines sous forme de pourcentages, les tests ADN sont une opportunité nouvelle de se réapproprier son histoire et ses racines. Résultat : nombreux sont les citoyens des Etats-Unis qui font le voyage du retour, dans l'espoir de retrouver quelques lointains cousins. 

Le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, a déclaré l'année 2019 "l'année du retour" pour les Afro-Américains.

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