VIDEO. La jeunesse tunisienne redécouvre le tatouage

AKIM REZGUI / AFPTV / AFP

En Tunisie, le tatouage est une pratique ancestrale, souvent assimilée à la délinquance et à un manque d'éducation. Sorti de la clandestinité, il redevient aujourd’hui à la mode. De nombreux jeunes veulent s'initier à cette pratique, désormais enseignée près de Tunis dans la première école de tatouage d'Afrique du Nord.

La première école tunisienne de tatouage, reconnue pas l'Etat, a vu le jour mi-novembre 2018 à La Marsa, banlieue chic du nord de Tunis. Son fondateur : Fawez Zahmoul, tatoueur depuis 2006, formé à l'étranger pour "faire de sa passion un métier". Cet ancien ingénieur se félicite que "le tatouage (ne soit) plus un problème comme dans le passé en Tunisie", grâce notamment  aux "stars et vedettes tatouées"  médiatisées. Et se réjouit des "générations que nous sommes en train de former" au tatouage, alors que jusqu'ici, "les Arabes en général n'ont pas beaucoup contribué" à cet art.

Pour le sociologue Abdessatar Sahbani, "une nouvelle version du tatouage, devenue une industrie, gagne du terrain de nos jours, influencée par les techniques et les tendances occidentales". 

"Une nouvelle porte qui s'ouvre"

Cette école "est une nouvelle porte qui s'ouvre dans le monde arabe et en Afrique du Nord", constate pour sa part Amine Labidi, l'un de ses enseignants, lui aussi ingénieur de formation.

L'une de ses élèves, Ghada, 19 ans, se dit ravie que "les moeurs changent" et veut croire que "dans quelques années", les tatouages ne seront plus perçus "comme quelque chose de mal, de stigmatisant."

Le tatouage est une tradition berbère séculaire en Tunisie, affectionnée par les Bédouins. Ces tribus nomades portaient autrefois des symboles scarifiés sur le visage ou le corps. Mais des responsables religieux ont condamné cette pratique que les citadins ont longtemps considérée comme rétrograde notamment après l'indépendance en 1956, lorsque le pays s'est engagé dans une modernisation à marche forcée.

Vous êtes à nouveau en ligne